SCÈNE I
DDVAL, seul.
(Il entre par le fond, et regarde autour de lui avec beaucoup de précaution; une pendule placée au fond du théâtre, sonne quatre heures.)
Quatre heures du malin ! que cette nuit est longue !.. cette nuit !.. la dernière que Georges aiu-a passée dans la maison de sa mère... Ainsi, mon très honoré cousin, mon camarade, mon ennemi d'enfance, tu touches au terme de la lutte que j'ai engagée contre toi... lutte terrible, car tu ne vois pas d'où partent les coups qui viennent te frapper... lutte où je serai victorieux... car mon plan de bataille ne s'est accompli qu'à force de temps et de patience... ah ! tout cela marche si bien pour moi jusqu'à présent... qu'il v aurait conscience à Dieu ou au diable de voiUoir "renverser mon ouvrage... (Regardant du côté de la porte à droite.) Je les ai vus faire les préparatifs de leur départ... oui, voici la valise du mari, celle de la femme... et de ce côté il y a une résolution irrévocable... mais, par là... (Regardant à gauche.) Ma cousine... je ne l'ai quittée que fort tard, et je l'ai laissée dans les meiJleares dispositions... plus exaspérée... plus furieuse qu'elle n'avait jamais été... cependant, toute la nuit, j'ai vu, de mon pavillon, de la lumière dans sa chambre... elle ne s'est pas couchée, et je crois bien qu'elle a écrit quelque chose... cela m'inquiète... je ne suis pas sûr d'elle... tant qu'ils seront tous les trois sous le même toit, une réconciliation est encore possible, et ce n'est qu'au point du jour qu'ils doivent partir... (Regardant avec impatience au fond du théâtre.) Au point du jour !.. ah! pour la première fois de ma vie, je remarque que le soleil se lève bien tard!., que fait-elle dans ce monient? écrit-elle toujours?., ah! si d'ici je pouvais la voir!..
(Il marche vers la porte, et va regarder et écouter; la porte s'ouvre, et M""* Montbailly parait.)