‹ ThéâtreChapitre 592 sur 971 · SCÈNE IL M™* MOxNTBAILLY, DUVAL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL M™* MOxNTBAILLY, DUVAL

(Cri de surprise de part et d'autre.)

M"" MONTBAILLY.

Vous! que faisiez-vous donc là, M. Duval? DUVAL, embarrassé, puis se remettant peu à peu. Je venais... j'espérais...

M""" MOKTBAILLY.

Eii bien ?

DUVAL

.l'avais cru observer, ma chère cousine , que VOUS aviez veillé toute celte nuit; je pensais à vos cliagrins, et, moi-même, je n'avais pu fermer l'œil... l'inquiétude m'a fait devancer le«€

-^s jour, m'a amené tremblant à cette porte Parj donnez-moi!

I M""* MONTBAILLY.

Oh! VOUS m'aimez bien, vous, mon cher Duval... vous êtes le seul !.. Us ne songent pas eux qui m'ont traitée hier si cruellement eux qm vont me fuir, ils ne songent pas à la'douleiu^ que j'endure, à cette affreuse insomnie qui crée autour de moi mille visions terribles et sinistres, à,cette.fièvre qui me dévore, et aui me tuera... *

DLVAL.

Ah ! que dites-vous , grand Dieu !..

M""' MONTBAILLY.

^ Hier au soir, après que vous m'avez quittée j ai cru que c'en était fait de moi... Oui tant d'emotions m'avaient épuisée, tout mon sang se portait la avec violence... (Elle met la main à son front.) Je voulais appeler, et c'était le nom de Georges qui d'abord me vint à la pensée mais impossible !.. la voix me manqua, et je demeurai une heure, peut-être... oui , une heure tout entière immobile, anéantie ; j'avais tout oublié seulement, je me sentais mourir !

DUVAL

Mourir !

M°" MONTBAILLY.

Et quand je revins à moi , je regrettai de n'être pas morte : car tous mes souvenirs, toutes mes douleurs me revenaient avec la vie puis je repassai dans ma tète les divers incidens de' cette journée , la conduite de Georges et de Suzanne, les accusations de Michel, surtout ceaue vous m'aviez dit avant de vous sépai-er de moi.

DUVAL

Je vous conseillais de faire un dernier effort de clémence , et de vous rapprocher de vos enfans.

M"" MONTBAILLY.

Eh bien ! cela est étrange , Duval, plus jesongeais a vos paroles et au ton dont vous me les aviez dites, plus mon cœur se révoltait à la pensée de cette réconciliation, plus j'avais la conviction de tous leurs torts envers moi , et vainement , j'ai voulu me vaincre , je n'ai pu éprouver que de la colère... Alors, puis-je bien me rendre compte de ce qui s'est passé en moi ■> Alors, j'ai pris la plume... et j'ai écrit... tenez regardez... Oh! je frémis encore, en pensant jusqu'à quel point la fureur ou la souffrance peut égai-er le cœur d'une mère !

DUVAL , lisant.

« Je sens que ma fin approche, et c'est l'ingra- »titude rie mon fils qui me conduit au tombeau » Prèle à paraître devant Dieu , je déclare que l'ê » maudis et que je déshérite mon fils. »

M"^ MONTKAILLY, sans le regarder.

Ah! vous seiU, Duval, vous seul, devez savon- qu'un instant j'ai eu cette eiii-ovable pen-

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