SCENE V
Les MÊMES, DUVAL.
DUVAL , paraissant au fond sur le seuil.
Malgré moi, je reviens... je crains toujours
son irrésolution. (Apercevant sa cousine qui met les
bijoux dans la valise de Suzanne.) Que fait-elle là?
(Il disparaît, mais on le revoit de temps en temps
pendant la suite de la scène. Tout ce moment, trèa
rapide, n'a pas rompu la vivacité de ce qui se passe
sur le devant.)
SUZANNE
Moi aussi, Georges, moi aussi, je travaillerai pour vivre : moi aussi, j'aurai du courage; c'est que bientôt, vois-tu? ce n'est plus seulement à toi , à ton bonheur qu'il me faudra songer, ami ; bientôt, nous serons deux pour t'ainier , pour te chérir ; bientôt , enfin , je ne serai plus seulement ta femme, je serai la mère de ton enfant.
GEORGES
La mère de mon enfant... qu'as-tu dit, Suzanne?..
M"' MONTBAILLY.
O mon Dieu ! qu'ai-je entendu?..
SUZANNE
Oui, lorsqu'hier au soir, en rentrant avec toi pour la dernière fois dans cette chambre , je suis tombée sur le seuil, presque mourante, lorsque tu as cru que j'allais succomber à ma douleur, et que tu as supplié le ciel de ne pas m'arrachera ta tendresse... moi, moi, toujours faible et ne pouvant encore rouvrir les yeux... j'entendais tout cependant, et je sentais bien que je devais vivre encore, et que je tenais à vivre... car ce n'était pas mon cœm- qui battait ainsi avec violence dans ma poilrine... c'était... c'était le cœur d'un autre... c'était une nouvelle existence créée de laniienne, etqui se révélait à la mienne... oh! j'aurai du courage!..
GEORGES, avec une joie frénéîique.
Un enfant! un enfant... ah! j'ai oublié maintenant tous mes chagrins... toute mon infortune... ^,^t je suis hem-eux... je suis fou 4e bonheur et