ACTE in, SCÈNE VII
de joie... un enfant! ma Suzanne... ma chère ^^
Suzanne... oh ! je saurai bien à force de travail et d'énergie nous créer une vie libre et heureuse à tous les deux... qu'est-ce que je dis?.. à tous les trois... oui, c'est à toi... à toi surtout que j'en fais serment, cher ange que le ciel nous envoie pour nous consoler le jour même de notre allliction... je le le jure !.. tu pourras en tous lieux lever la tète avec assurance... et nous porterons fièrement et noblement notre pauvreté... car il n'y arien, dans toute notre vie, rien qui doive un jour faire rougir notre enfant... partons! partons!..
SUZANNE
Partons!., (ils marclieat vers le fond comme pour prendre leurs valises; ils trouvent entre eux M°" Montbailly à genoux, et reculent tous deux avec émotion, en s'écriant :) Ma mère !..
GOERGES.
A mes genoux ! ah ! grand Dieu! relevez-vous, relevez-vous, ma mère!..
M"" MONTUAILLY.
Non, Georges, non... tant que tu ne m'auras point pardonné, tant que tu ne m'auras pas dit que lu ne veux plus me quitter... et toi aussi, Suzanne... loi aussi, grâce! grâce! au nom de cet enfant que le ciel vous envoie... pardonnezmoi tous les deux, pardonnez à voire mère !.. GEORGES et srzANNE, ensemble. .
Ah! dans nos bras! dans nos bras !.. ma mère! ma bonne mère!..
(Ils la relèvent, l'embrassent avec transport et la font asseoir sur le devant du théâtre; elle pleure, et paraît épuisée par sou émotion; h leur tour, les deux jeunes gens sont à ses genoux, et lui baisent les mains.)
GEORGES
Revenez à vous... tout est oublié...
SLZANNE.
Au nom du ciel, ne pleurez plus..,
M"» MONTRAII.LY.
Oh! c'est de joie que je pleure à présent... et quand je songe que dans mon délire, Georges! j'ai pu te maudire... te déshériter... toi, mon iils... oh! c'est alVrenx ! et lui! lui! votre enfant! mon petit-lils... je l'aurais donc aussi maiulil et abandonné avec vous... oh! jf ne le veux pas, je ne le veux pas... (Sc levant et poussant un grand cri. comme si elle était frappée d'un souvenir.) Ah ! je me rappelle, écoutez, mes enfans... écoutez-bien... le cousin Duval... mon notaire...
GEORGES et SlZANNE, ensemble.
Eh bien?..
M"* MO>TnAII,LY , retombant dans leurs bras.
Ah! mon Dieu! qn'éprouvé-jc .donc ?.. oh! que je souffre... là! là! ah! mon Dieu! que je souffre!..
GEORGES et SUZANNE, ensemble.
Ma mère! ma pauvre mère !..
M"" MONTISAll.LV.
Ce n'est rien... ce n'est rien... moi, qui ne suis pas morle de douleur... ce n'est pasdcjr/ie cpie je puis mourir... ah!..
(Lllc pousse un sccondcri; fait un dernier ciïorl pour parler, serre convulsivement la main des deux jeunes gens, et tombe sans connaissance, (icorges ««t i genoux et lui soutient la tOtc.)
GEORGES
0 ciel! ses yeux se ferment! va-l-elle donc
expirer dans mes bras !
SUZANNE, dans le plus grand désordre, courant au fond du théâtre et appelant à grands cris. Ah ! du secours! grand Dieu! un médecin! un
médecin ! du secours !..
(Duval reparaUavec le Notaire, puis Michel et beaucoup de monde, Ouvriers, Voisins et Voisines, peuple, etc.)
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SCÈXE VI.
Lei Mêmes, DUVAL, MICHEL, le Notaire, Peuple.
DUVAL
Qu'est-ce donc? que se passe-t-il?..
MICHEL
Pourquoi ces cris?..
GEORGES
Ma mère se meurt... du secours ! je vous dis qu'elle se meurt ! ah ! son cœur ne bat plus... elle est morte !..
CRI GÉNÉRAL
Morte!..
GEORGES
Ma mère! ma mère! aidez-moi... aidez-nous donc à la transporter dans cette chambre...
SUZANNE
Venez... venez... à force de soins, peut-être," nous la rappellerons à la vie...
(Duval et plusieurs autres se joignent à Georges et Suzanne pour transporter dans la chambre de gauche M""* Montbailly, toujours sans connais* sance.)
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