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SCKM/MI.
THOMAS, IIEMU.
HENRY, entrant par la gauche. Thomas de retour !
THOMAS, se retournant. Henry! {A part.] MaléduLion!
HENRY. As-tu \\\ mes messagers?
THOMAS. Non... On 'avaient-ils donc à me dire?
HENRY. OÙ est CatlK'rinc?
THOMAS. Elle est allée porter mon petit .John à rh»)lellerie.
HENRY, l'oiuquoi ne l'a-t-rlle pas gardé ici? je l'embrasserais de bon cœur, mon petit neveu.
THOMAS. Parce que...
HENRV. l'arce que?
THOMAS. Parce qup je voulais le cacher mou arrivée, te snivie et f épier avant d'avoir avec toi l'cxplicaiion qu'il me faut à cette heure, puiscjue nous nous sonmies reii' Miiires.
HENRY, surpris. Lne explic.in m?
THOMAS. Henry, nous avons d. rouvert ton mensonge et ta iialii .ou.
HENRY, à iKirl. ()iie veut-il diiv?
THOMAS. I ouille d.ius ton escarn Ile et regarde s'il n\ ni.uKpie pas une Ixiite secrète.
HFNR^. lujuiet. (ionnuenl! celle boite ?...^
I NOM vs. Celte boite accusatrice... je viens de la briser devant Catherine!
HF.Mtv. Et VOUS) avez trouvé?...
THOMAS. I.a letiK'df ta maîtresse!
iii.NKV. Oh ! mon Dieu!
iiioviAS. Nous y avons trouvé la lettre dans latpielle elle w. parle de votre enfant... et Catherine...
HENRY. A^seZ, Thomas I... 'V'oiis avez trouvé dans cette Ijoîle la lettre de ma maîtresse... mais si, moi«s4idid tic |>ai votre con- (cvable terreur, vous aviez lu «ne inscription gravée dans le colTrcl, vous eussiez conipi is (|n'd y a qnin/.e ans (pic celle lettre fui écrite...
MAGASIN THEATRAL
THOMAS. Quinze ans?...
■ HENRY. Vous eussiez alors compris que l'eufaul dont on parie dans la lettre n'est ^ autre que moi dans mon enfance...
^^ THOMAS. Toi?
^ HENRY. Vous eussiez compris que l'amant était mon père. . .
THOMAS. Ton père?...
HENRY. Et que la femme qui éci i^it cette Bttrc était ma mère...
THOMAS. C'était ta mère!... et nous t'accusions...
HENRY. Vous m'accusiez d'une infamie...
THOMAS. Nonspar-duiiueras-tu, frère?...
HENRY. Vous êtes déjà pardoimés. . . mais ne doutez jamais de Henry.
THOMAS. Ohl laisse-moi courir- trouver Catherine. . .
HENRY. Non, pas encore. Écoute, Thomas, ce qu'à mon tour je vais te confier... Cette boite, qui a causé votre erreur, m'a fait connaîti'e ^a famille, qui, noble et luii -saute, a déjà maudit mon mariage avec Catinrine et la r.iiissance de ma fille; déjà,- tu le vois, j'ai prudcmmerit enlevé de ma maison nf)tre fille, que j'ai cachée sous boiiue garde : il faut que colle nuit même Cathei^e en soric aussi, et c'est pour cela qu'ayant besoin de ton secours, j'envo\ ais des messagers à ta rencontre.
THOMAS. Que faut-il faire ?
HENRY. Que cette nuit vous parliez, Catherine, Joiin et ivi, pour Edimbourg; que vous disant mari et ; inme, vous alliez loger dans le petit fauboui ;, où je ne tarderai pas à vous joindre avec ; ■ THe ..
THOMAS, (.iii Sri a iail.
HENin'. Si'iili I lient alors, tu raroiiteras tout à Olhe^ili(^ vu lui disant bitn que quoi qu'il puis i ii river, elle partagera la fortune de Henr\.. ùe Henry qui fait ici le serment de nejain.i souffrir entre lui et ceux qu'il aimeni di;Mai!Cc ni séparaiion...
THOMAS, entendant du bruit, après avoir entr^oiivert la porte du fond. Mais voici Catlierine!
iitNRY. Évitons-la, suis-moi... toute explicatioii maintenant pourrait causer peut-être une imprudence.
THOMAS. Je d(m venir la revoir à la fia du jour.
HENRY. Alors seulement, tu la décideras à partir. . . Suis-moi.
Ils sortent par la gauche.
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SCÉ^E VIII.
m^ CATHERINE, puis JACQUES IIL
CATHERIN i; entre par le fond avec inquiétude. Après m'avoir fait mUle questions en allant à l'hôlelierie, l'un de ces hommes
paraissait me suivre, tout à l'iioure... il me •semble sHsjiect... je suis seule ici, si je m'enfermais! {Elle se retourne et aperçoit un Tondeur debout a la porte.) Encore lui!...
JACQUES, se découvrant. Catherine Patrick, femme de Henry le rhéteur au collège d' Edimbourg, le roi Jacques III d'Ecosse vous demande une heure d'hospitaUté.
CATHERINE. Le roi!... Merci au hasard qui permet qu'un hôte si noble vienne honorer ma demeure !
JACQUES. Ce n'est pas le hasard qui m'a conduit chez vous, Catherine; c'est le soin^ de mon intérêt et de celui de mçs^ états, carJP^ vous pouvez beaucoup sur le deMii de l'É- cosse. . . - .
CATHERINE. Moi?
JA(:(UŒS. Catherine, vous êtes la femme de Henry, que le roi Jacques vient d'appeler des noms de Jacques-Henry Ramsay, en le reconnaissant pour son fils.
CATHERINE. Hcury!... fils du roi d'Ecosse !
JACQUES. Il y a trois jours, moi, son père, guidé p9.t de faibles indices, je l'ai trouvé dans l'ignorance de sadestio-ée; le lendemain je lui ai fait remettre une boite qui contenait la révélation de sa naissance et de ma secrète liaison avec la dame. Ramsay.
CATHERINE, prenant là. boite. Quoi...
cette boîte ?. . .
JACQUES, V examinant. Est celle que j'ai fait remettre à mon HIs... et la lettre me fut écrite par sa mère. ,.^
CATHERINE. La mère de Ht^y ! Justice de Dieu, pardonne-moi mes .soupçons !
JACQUES. Qu'avez-vous donc?
CATHERINE. Rien. Continuez, mon prince.
Ici le deuxième Tondeur paraît au dehors, s'apimie sur la fenêtre et écoute attentivement.
JA( nUES. En révélant à Henry le .secret de s.i naissance, onlijd fit connaître les conditions du roi d'Angleterre, qui veut que l'héritier du trône d'Ecosse soit l'époux de sa fille. 3Iais Henry déclai a qu'il ne se séparerait jamais, de celle qu'il avait choisie pour compagne, ignorant de sa fortune à venir; si bien que Jacques III, qui sçnt qu'il remet le pied suir un trône qui chancelle, vient désolé, près de vous, vous demander si, courageuse et sage, vous ne l'aiderez pas à convaincre Henry que vous devez annuler une union dont le maintien amènerait sur vous, sur votre fille, sur Henry, sur toute l'Ecosse enfin, d'horribles calamités, que rien ne pourrait plus tard compenser ou combattre.
CATHERINE , réfléchissant. Henry est ce fils du roi Jacques. . . ,f.,
JACQUES. Henry est appelé à régner sur l'Ecosse sous le nom de Jacques IV, à moins que la guerre qu'il ose braver ue chaiige toute sa rovale destinée.
LA SÛEl 11 DlfMULKTIEU
CATHERlNu:. Et votrc fils Henry a refusé de rompre notre hymen et de célél)rer ses fiançailles avec la princesse d'Angleterre ? i
JACOUES. Oui, Henry se perd par générosité pour vous... Par générosité pour lui, ne le sauverez-vous pas?
CATHERiiNE. Siie, ma vie entière appartient à Henry, qui peut en disjwser; mais s'il n'ordonne pas, je n'entreprendrai rien, moi qui me suis faite ixiur lui l'obéissance amoureuse et dévouée... Je ne reconnais à personne la force de juger .ses actes ; ce qu'il fait est bien fait... et comme je craindrais de commettre un sacrilège en le comparant h Dieu, je me suis pei'suadée qu'il est un de ses élus, marchant où Dieu l'envoie, connaissant seul les secrets de sa puissance, et je ne puis rien, moi, que m'attaciier à ses pas, en serrant sur mon cœur sa main, (ju'il m'a donnée.
JACQUES. Et si, tromj)é ujie heurt; seulement par sa raison égarée, il marche à la mort sur un champ de bataille, ne l'arréterezvous pas ?
CATHERINE. J'irai mourir avec lui sur un champ de bataille.
JACQUES. Et si, plus malheureux encore, il doit aller mourir lentement dans de sombres prisons. . .
CATHERINE. J'irai mourir avec lui dans de sombres i)risons. Et maintenant, sire... vous voyez en moi la sujette tremblante, prête à se courlx'r sous la colère de sou roi, et qui lui demande le droit de se retirer, pour ne j)as l'outrager encore, en persistant dans un aveugle devoir, inunuable comme son coeur.
Elle s'incline et rentre à ilroite.
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JAGQLES, seul.
Mon Dieu, vSeigiieur... vous m'avez donc seulement fait entrevoir un esiwir insensé ?