‹ ThéâtreChapitre 947 sur 971 · CATHERINE, ROBERT · texte numérisé non relu

CATHERINE, ROBERT

CA'fHERiNE, à part. Où veut-il en venir?

ROBERT s'approche de la table, prend un verre et y verse le jioison. Allons , Catherine Patrick... voici un breuvage qui endort et donne lentement la mort. . . Nous dirons, quand tu l'auras bu, que la peste a signalé ta dernière heure...

CATHERINE. Milord.. . je suis innocente.

ROBERT. Ta sentence est écrite,

CATHERINE. Milord. . . je sais rjuc je ne puis plus appeler de nou\eaux juges,

ROBERT. Et que dois-tu faire ?

CATHERINE. Mourir.

ROBERT, désignant levcrre. Et je t'apporte une mort calme et facile.

CATHERINE. Milord... je ne vous demande qu'un jour...

ROBERT, c'est impossible...

CATHERINE. Jc me jette à vos pieds... Ce jour seulement.

LA SOEUR DU MULETIER

ROiîERT. C'est un piège , tu veux m'échappcr.

CATHERINE. Comincnt le pounais-je, milord? je ne veux qu'un jour, et ce breuvage c'est la souffrance instantanée.

ROBERT, la conduisant à la fenêtre. Il t'effraye. . . Mais ne vois-tu pas d'ici les sbires qui attendent mon ordre pour te traîner au supplice ?

CATHERINE , reculant avec horreur. Mon Dieu !.. . je sais que vous pouvez disposer de ma vie... mais j'en appelle à votre générosité.

ROBERT. Ma générosité.... ïu m'en as déjà fait repentir. . . et d'ailleurs je ne pourrais te sauver... le conseil attend la preuve de ta mort. Choisis!... décide!... Comment veux-tu mourir?

CATHERINE. Milord... rien qu'une hcure !

ROBERT. Allons , puisque tu le veux , d'autres se chargeront de la juste vengeance! Je vais crier d'ici que tu respires encore.

CATHERINE. Arrêtez, milord!

ROBERT. Bois donc !

CATHERINE, ttjrrcs un grand effort, prend le verre et le repose sur la table. .Je ne le puis.

ROBERT. Le ciel m'est témoin que j'ai fait de vains efforts. . . que les sbires viennent donc t'arracher de ces lieux ; que la foule épouvantée t'accompagne; que ton sang coule... ta mort sera plus sûre et mon cœur plus à l'aise... ïu le veux?...

Il pousse la fenôtrp.

CATHERINE, avec épouvante. Arrêtez !

ROBERT, furieux. ^]d patience est à bout.

CATHERINE, reposant le verre après avoir bu. .J'ai bu !

ROBERT referme la fenêtre. Ca-tlterine chancelante s'assied. Toute tentatives d(î salut ne ferait que i)rolonger ta tortun-, car, tu le sais, cette maison est cernée. Et (pumd j'y enverrai les ensevelisseurs qui accompagnent les trépassés, le bourreau sera sous cette fenêtre avec ses cordes et son épée. Le ciel a voulu, Catherine, que h; chàlimcnl du crime s'accomplît dans le silence, et (u auras la sépulture à côlé de tes frères... Adieu!... Songe à ton àme !

Il s.>ll.

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