‹ Théâtre Avec préfacesChapitre 17 sur 114 · SCENE XIV LA MARQUISE, LE COLONEL, JULIE · texte numérisé non relu

SCENE XIV LA MARQUISE, LE COLONEL, JULIE

j!î,l r. à sa mère.

Luiî...

LA MA Ug LISE) au colonel.

Merci d'être venu, colonel!

Le colonel, en la revoyant, fait un geste de surprise. LA MARQUISE, souriant.

Allons! je vois avec plaisir que vous n'êtes pas changé... Toujours la même franchise!

LE COLONEL

Comment! Madame!

LA MARQUISE

Oui!... en me revoyant... vous n'avez pu retenir un geste, un regard... de surprise... de me trouver si... si vieillie...

LE COLONEL

Moi, Madame !

LA MARQUISE, se retournant vers sa fille, et la montrant.

Heureusement... me voilà... à vingt ans... telle que vous m'avez connue!... Elle me ressemble... n'est-ce pas?

LE COLONEL

En effet!...

LA MARQUISE, lui tendant la fleur.

Prouvez-le-moi... en recevant cette fleur de ma main!

LE COLONEL

Comment! Madame!...

LA MARQUISE

Merci !

JULIE, se précipitant sur la main de sa mère. *^

Ma mère!...

LA MARQUISE, la regardant.

Pauvre enfant!... Quelle joie!... Allons!... c'est moins dur que je ne croyais.

La toile tombe.

PRÉFACE

Celte petite pièce tient par un fil à un grand événement historique.

Je l'écrivis sous l'impression très vive d'un fait réel. Je ne la destinais pas au théâtre. Mais, une fois qu'elle fut achevée, le désir me vint de voir agir mes personnages, de les entendre parler, et je priai M™^ Arnould-Plessy et M. Febvre de vouloir bien la jouer chez moi. Ils y consentirent, avec une bonne grâce dont un vif succès fut la récompense. Ce succès eut même assez d'écho pour que le duc de Mouchy, avec qui j'étais en relations sympathiques, me témoignât le désir d'offrir cette représentation aux habitués de son joli hôtel de la rue de l'Elysée. Le 27 mai 1867 fut le jour choisi pour la représentation.

Mais ce même jour, à six heures et demie, fit son entrée dans le monde une petite personne qui ne me laissa pas partir : ma fille me donna une petite-fille. Le grand-père prit le pas sur le père, et je restai auprès de celle de mes deux enfants qui m'intéressait le plus.

L'Empereur était chez M. de Mouchy, au nombre des spectateurs; la pièce lui plut beaucoup, si bien que, quelque temps après, au moment où A deux de jeu allait être représenté, à la Comédie-Française, ordre vint au théâtre de donner la première représentation aux Tuileries. L'Empereur voulut l'offrir en primeur aux souverains assemblés pour l'Exposition. Après la représentation, le roi de Prusse s'approcha de M. Febvre et causa longtemps avec lui.

— Que vous disait donc Sa Majesté lo roi de Prusse, monsieur Febvre? lui demanda l'Empereur.

— Siro, il m'a dit qu'il espérait que M™^ Plessy et moi, n^ irions dans un an jouer A deux de jeu à Berlin, pour monh» , a ses sujets comment on jouait bien une jolie comédie,

L'Empereur garda un moment le silence, puis, tout en touinant sa moustache, il dit lentement:

— Dans un an? à Berlin ? Cela se peut.

M. Febvre, frappé de cette parole et du ton avec lequel elle avait été dite, me la répéta le lendemain. En 1867 ! Trois ans avant la guerre de 1870 ! Il y pensait donc déjà, au moment où il donnait l'hospitalité à tous les souverains de l'Europe.

PERSONNAGES

La marquise de MI RE VILLE.

OCTAVK DE NÉRIS

louise, femme de chambre. .

L'ouvrière fleuriste

]\|me ArNOULD PlESSY.

M. Febvre.

M'ie ToRDEUS.

M'*«^ Rose Barretta.

Le théâtre représente un petit salon élégant. Une cheminée au fond. Deux portes à pan coupé. A gauche, un petit piano droit, posé latéralement. A côté du piano, un fauteuil; un canapé à côté de la cheminée.

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