SCÈNE PREMIÈRE
OCTAVE DE NÉRIS assis à droite, LOUISE, parlant k une ouvrière fleuriste qui tient une couronne à la main.
LOUISE, à l'ouvrière.
Vous entendez, Mademoiselle? Répétez bien à madame du Séjour ce que Madame vous a dit ; Cette fleur un peu plus bas... pas trop bas!... mais un peu plus bas!... l'ouvrière.
J'ai compris, Mademoiselle.
OCTAVE, assis, à part.
Elle ne s'occupera guère de fleurs tout à l'heure.
LOUISE, de même.
Oh! c'est qu'il faut absolument que Madame soit ravissante au bal de ce soir! Son honneur y est engagé!... l'ouvrière.
Ce sont des engagements que madame la marquise de Mireville n'a pas de peine à tenir.
LOUISE
Sans doute!... Mais ce soir, c'est sacré !... 11 s'agit, pour M;idaine, d'écraser la marquise de Blossac! Ainsi, n'ou- IJiez pas de rapporter la couronne dans une heure !
OCTAVE, à part.
Dans une heure, j'aurai tout dit.
l'ouvrière, en s'éloignant.
Est-ce que madame la marquise en veut à madame de de Blossac?...
LOUISE, la reconduisant.
Mortellement, ma chère demoiselle ! Qui n'a pas entendu parler de ce qui s'est passé au dernier bal de l'ambassade d'Autriche? La robe ponceau contre la rul cerise I...
l'ouvrière.
Ah! oui!... Dans une heure ! (Elle sort par la gauche.) OCTAVE, so levant avec impatience et allant à Louise.
Est-ce que vous n'avez pas remis ma carte à madan la marquise?...
LOUISE, redescendant la scène.
Si, Monsieur! mais je doute que Madame vous reçoive.
OCTAVE
Ne pas me recevoir!... C'est impossible!... Je vous dique l'affaire la plus grave, la plus sérieuse...
LOUISE
Grave?... Sérieuse?... Raison déplus pour qu'on i vous reçoive pas. Je connais les principes de Madani Les affaires graves amènent les entreliens graves; les ti. trctiens graves fatiguent la physionomie, tirent les traits, échauffent le teint... Madame ne vous recevra pas.