II.ORANGBAC
A mon article !
PLORIDOR, U»«)l.
« //««,pour les mômes causes et motifs que ci-dessus, « je donne et lègue à mon cousin, Jean-dhrysostôine « Dumont de Florangeac , le im'd.vin , un»* p.nviile « somme de trente mille francs:
PLORANORAC.
Jusqu ici c'est charmant.
PLORIDOR, c.ntinnant.
« Lui imposant, pour condition, d'aller chercher ledit « legs à pied, en plein jour, dans mon costume complet « d'Osmin des Trois Sultanes. »
PLORANORAC.
Qu'est-ce que c'est que l'habit d'Osmin?
MADAME PLORIDOR.
Hélas! Osmin était le chef des eunuques du grand Soliman.
PLORANOBAC.
Le chef des eunuques ?
MORINVILLR.
Habit turc, mon frère.
PLORIDOR.
Voilà, messieurs, tout ce qui vous concerne dans le testament.
' SCKNE XIV. 319
MORIN VILLE
Vous entendez bien, monsieur, qu'il nous est impossible.... Ou c'est une vérité, ou c'est une plaisanterie.... Si c'est une plaisanterie, elle est fort indécente, fort déplacée; si c'est une vérité.... trente mille francs.... un habit de Grispin.!..
FLORANGEAC.
Un habit turc... non, monsieur.... jamais.... cependant.... c'est une tyrannie, c'est une infamie.
MORINVILLE.
Clause illusoire, dérisoire, abusive, inadmissible, et nous ferons casser le testament.
FLORIDOR
Faites-le casser ; et vous n'êtes alors ni légataires ni héritiers.
MORINVILLE.
Gomment, monsieur!... (eh réfléchissant.) C'est vrai....
FLORANGEAC.
C'est vrai ?
C'est vrai.
MORINVILLE.
FLORIDOR
Je répugnais à vous communiquer ces deux articles ; mais mon devoir.... Je sens qu'il vous est impossible d'exécuter les conditions.... Je sais bien qu'on pourrait vous dire qu'un quart d'heure est bientôt passé ; que vous en avez fait passer plus d'un bien cruel à votre cher cousin: que vous n'êtes pas fortunés, et que trente mille francs pour une petite promenade chez un notaire ne sont pas à dédaigner. Mais je me garderai de vous faire la moindre observation ; seulement j'ai fait préparer dans ces deux cabinets les deux habits qui vous sont destinés : (indiquant le cabinet à droite.) là, l'habit de Crispiu ;
(indiquant le cabinet à gauclie.) là, l'habit du chef deS eunuqués.
MORINVILI.B.
Eh quoi! monsieur, vous penseriez....
FLORIDOR
Voyez, messieurs, réfléchissez; dans un momenl, yreviens savoir voire résolution.
MORINVILI.K.
Mais permettez donc, monsieur, vous qui èies rcx»*culeur testamentaire, ne pourriez-vous pas armnger tout -cela?
i-LoUIlMJR.
Qu'osez- vous me proposer, monsieur?
MORINVILLB.
Oui le saura? Tenez, nous sommes forcés de renoncer au legs, si vous persistez, parce que vous entendez bien qu'un avocat, un médecin, ne peuvent pas.... se l'eraienl moquer d'eux.... Enfin le cher cousin nous a destiné ces soixante mille francs ; quand nous ne nous déguiserions pas, à qui cela ferait-il tort ? à personne ; personne ne compte là-dessus. Madame, joignez-vous à nous.
MADAME FLORIDOR
Qui? moi I Ah! messieurs; la lecture des deux articles de ce testament a rouvert toutes mes blessures ; on y reconnaît si bien le bon cœur de mon pauvre mari! Ah! qu'il est dur de perdre ce qu'on aime! qu'une pauvre veuve est à plaindre!... Je ne saurais parler. Venez, monsieur Dorval; messieurs, je suis votre très-humble servante.
FLORIDOR
Messieurs, j'ai bien l'honneur.... Je ne vous dis pas adieu.
-iim