M, INTRODUCTION
Picard, dans la préface des Ricochets, avoue sa préférence paternelle pour cette petite pièce. Les Ricochets ont été unanimement loués. Voici ce qu'en dit le maître des feuillelonisles d'alors, le critique Geoffroy :
« L'idée des Ricochets est fraîche, ingénieuse el piquante. Les motifs de scène ne sont pas nouveaux ; mais le cadre est neuf. Le ton n'est point celui des autres ouvrages de Picard; il est plus élégant, plus léger, plus gracieux. On avait reproché à l'auteur d'être trop bourgeois ; ici c'est un homme de bonne compagnie. Cette comédie est d'un genre à part : elle n'est ni d'inlrigue, ni de caractère, ni épisodique; c'est une série de situations piquantes qui s'enchaînent et se dénouent avec aisance; c'est une suite de tableaux parfaitement liés ensemble : on y voit le jeu bizarre des bassesses, des impertinences, des brusqueries, des cajoleries, des humeurs, des caprices qui circulent dans le monde, que les hommes se prêtent et se rendent, et dont ils font un commerce mutuel... Tout cela est gai, leste, court, amusant, moral; le succès a été complet, et se soutiendra longtemps. (17 janvier 1807.)
J. Janin prétendait voir dans les Ricochets le ré* sumé du théâtre entier de Picard.
La Vieille Tante ou les Collatéraux est une des grandes comédies de l'auleur. Interrogeons toujours l'opinion contemporaine :
INTRODUCTION. xiii
a Avant que le public eût demandé le nom de l'auteur, il s'était déjà nommé lui-même; on avait reconnu sa manière, son naturel, sa gaieté, sa facilité, son excès d'abondance. Il y a une foule de persoQuages qu'il faut faire parler; ils ne' peuvent pas tous dire des choses intéressantes, parce que les rôles ne sont pas considérables ; l'auteur excelle à les faire tous jaser, chacun suivant son état et son caractère. » (Geoffroy, 30 mai 1811.)
Mo7isieur Musard ou Comme le temjjs j>;rt.s.s^, fit beaucoup de plaisir. « Le dialogue de cette pièce est vif, enjoué, et d'un comique original; plusieurs traits du ridicule de M. Musard, produisent des situations fort plaisantes. On n'en demande pas davantage pour une bluette d'un acte. » (Geoffroy, 4 frimaire an XII.)
IV et V
Les Voisins sont une des trois petites pièces (voyez la préface des Ricochets) que Picard considérait comme ses chefs-d'œuvre en ce genre. A ce trio renommé, nous joignons le Vieux Comédien, qui est moins célèbre, mais qui offre beaucoup d'originalité et de fantaisie, et qui de plus a l'avantage d'être anecdotique. On sait, en effet, que Picard, dans le personnage du Vieux Comédien, voulut représenter l'excellent Préville qui, après avoir quitté le théâtre, s'était retiré à Sentis, et qui n'était mort que depuis trois ans ('décembre 1799) lorsque le Vieux Comédien fut représenté. Il n'est pas probable que l'histo-