‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 77 sur 194 · FLORINE, MADAME DUPRÉ, LAURE, ROSAMBERT · texte numérisé non relu

FLORINE, MADAME DUPRÉ, LAURE, ROSAMBERT

LAURE

Ah! vous voilà, monsieur?

ROSAM BERT, SdllUlut.

Empressé de vous voir..

LAU RE

Vous avez attendu! j'en suis au désespoir.

MADAME DUPRÉ, cl'iDi air fin à Rosavihert.

Ma fille était en train de faire sa toilette, Et quand elle s'y met...

LAURE, à part.

Ma mère est indiscrète!

MADAME DUPRÉ, « FlorillC.

Florine, vous avez affaire sûrement?

FLORINE

Toujours il faut sortir dans le plus beau moment. Quel ennui !

Elk sort.

36 l'éducation ou les deux cousines

SCÈIT^E IX

MADAME DUPRE, LAURE, ROSAMBERT.

MADAME DUPRÉ, d'un tou graciciix.

J'ai, monsieur, un reproche à vous faire.

ROSAM BERT.

A moi?

MADAME DUPRÉ

Vous négligez beaucoup votre écolière; On ne vous a pas vu depuis un jour ou deux.

ROSAM BERT.

Je n'ai pas pu venir, d'honneur!

MADAME DUPRÉ

Ah! c'est affreux!

Aussi, monsieur, sa harpe est-elle abandonnée; Hier, elle n'a rien fait de toute la journée.

ROSAMBERT.

Mille pardons...

MADAME DUPRÉ

Tenez! j'en suis toute en courroux; Elle n'a de plaisir à chanter qu'avec vous!

ROSAMBERT, viyslcricusciiiciit .

Écoutez; car, au point où nous sommes ensemble,

ACTEII,SCÈNEIX l']J

Lorsque l'on est ami comme nous, il me semble Que Ton doit tout se dire et tout se confier.

MADAME DUPRÉ

Eh bien ?

ROSAM B ERT, î'dS.

Vous saurez donc qu'on veut me marier.

MADAME DUPRÉ, Ihli à Luiirc.

Le marier! cela m'inquiète, ma chère.

L A U R E , bas à madame Diipie.

Mon Dieu! ne craignez rien; c'est sans doute, ma mère. Un sacrifice encor que son cœur fait au mien.

Haut à Rosambcrt.

Et comment trouvez-vous la personne?

ROSAM BERT.

Fort bien.

LAU RE, à part.

O ciel!

ROSAM BERT, â part. Pendant la tirade qui suit, la figure de Laiire se rembrunit par degrés; elle prend un air boudeur, et s'éloigne graduellement du comte.

C'est, je vous jure, une femme charmante; La taille la plus fine et la plus séduisante, Un regard pénétrant, un sourire enchanteur. De l'esprit, des talents, une rare candeur; La personne, en un mot, que l'on m'a proposée, A toutes les vertus... mais je l'ai refusée.

LAU RE, accourant vers lui.

Vous l'avez refusée?

i]8 l'éducation ou les deux cousines

ROSAMBERT. Pendant le couplet précèdent, il s'est amusé de l'effet qu'il produisait sur Laure. Quand elle revient, il la regarde tendrement.

Eh! pouvais-je hésiter?

Un motif bien puissant m'empêcha d'accepter. Vous ne... devinez pas?

LAURE, baissant les yeux en souriant.

Moi ? vraiment... non...

ROSAM BERT.

Cruelle!

Pouvez-vous ?...

MADAME DUPRÉ, d'iiu air Satisfait.

Oh ! bien, moi, je suis plus fine qu'elle ; Je l'ai trouvé d'abord.

LAURE, à Rosanihert.

Et ce motif enfin ?

ROSAMBERT.

C'est que je n'aurais pu lui donner que ma main.

MADAME DUPRÉ, poussant sa fille.

Laure, entends-tu?

ROSAMBERT.

C'était cependant une affaire Très-brillante pour moi, m'a-t-on dit. Car son père Eut une belle place, et l'on ne peut nier Qu'il n'ait été, madame, un très-grand financier! 11 économisa cent mille francs de rente Sur ses appointements qui n'étaient que de trente. Oh! c'est un homme d'ordre!

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