FLORINE, MADAME DUPRÉ, LAURE, ROSAMBERT
LAURE
Ah! vous voilà, monsieur?
ROSAM BERT, SdllUlut.
Empressé de vous voir..
LAU RE
Vous avez attendu! j'en suis au désespoir.
MADAME DUPRÉ, cl'iDi air fin à Rosavihert.
Ma fille était en train de faire sa toilette, Et quand elle s'y met...
LAURE, à part.
Ma mère est indiscrète!
MADAME DUPRÉ, « FlorillC.
Florine, vous avez affaire sûrement?
FLORINE
Toujours il faut sortir dans le plus beau moment. Quel ennui !
Elk sort.
36 l'éducation ou les deux cousines
SCÈIT^E IX
MADAME DUPRE, LAURE, ROSAMBERT.
MADAME DUPRÉ, d'un tou graciciix.
J'ai, monsieur, un reproche à vous faire.
ROSAM BERT.
A moi?
MADAME DUPRÉ
Vous négligez beaucoup votre écolière; On ne vous a pas vu depuis un jour ou deux.
ROSAM BERT.
Je n'ai pas pu venir, d'honneur!
MADAME DUPRÉ
Ah! c'est affreux!
Aussi, monsieur, sa harpe est-elle abandonnée; Hier, elle n'a rien fait de toute la journée.
ROSAMBERT.
Mille pardons...
MADAME DUPRÉ
Tenez! j'en suis toute en courroux; Elle n'a de plaisir à chanter qu'avec vous!
ROSAMBERT, viyslcricusciiiciit .
Écoutez; car, au point où nous sommes ensemble,
ACTEII,SCÈNEIX l']J
Lorsque l'on est ami comme nous, il me semble Que Ton doit tout se dire et tout se confier.
MADAME DUPRÉ
Eh bien ?
ROSAM B ERT, î'dS.
Vous saurez donc qu'on veut me marier.
MADAME DUPRÉ, Ihli à Luiirc.
Le marier! cela m'inquiète, ma chère.
L A U R E , bas à madame Diipie.
Mon Dieu! ne craignez rien; c'est sans doute, ma mère. Un sacrifice encor que son cœur fait au mien.
Haut à Rosambcrt.
Et comment trouvez-vous la personne?
ROSAM BERT.
Fort bien.
LAU RE, à part.
O ciel!
ROSAM BERT, â part. Pendant la tirade qui suit, la figure de Laiire se rembrunit par degrés; elle prend un air boudeur, et s'éloigne graduellement du comte.
C'est, je vous jure, une femme charmante; La taille la plus fine et la plus séduisante, Un regard pénétrant, un sourire enchanteur. De l'esprit, des talents, une rare candeur; La personne, en un mot, que l'on m'a proposée, A toutes les vertus... mais je l'ai refusée.
LAU RE, accourant vers lui.
Vous l'avez refusée?
i]8 l'éducation ou les deux cousines
ROSAMBERT. Pendant le couplet précèdent, il s'est amusé de l'effet qu'il produisait sur Laure. Quand elle revient, il la regarde tendrement.
Eh! pouvais-je hésiter?
Un motif bien puissant m'empêcha d'accepter. Vous ne... devinez pas?
LAURE, baissant les yeux en souriant.
Moi ? vraiment... non...
ROSAM BERT.
Cruelle!
Pouvez-vous ?...
MADAME DUPRÉ, d'iiu air Satisfait.
Oh ! bien, moi, je suis plus fine qu'elle ; Je l'ai trouvé d'abord.
LAURE, à Rosanihert.
Et ce motif enfin ?
ROSAMBERT.
C'est que je n'aurais pu lui donner que ma main.
MADAME DUPRÉ, poussant sa fille.
Laure, entends-tu?
ROSAMBERT.
C'était cependant une affaire Très-brillante pour moi, m'a-t-on dit. Car son père Eut une belle place, et l'on ne peut nier Qu'il n'ait été, madame, un très-grand financier! 11 économisa cent mille francs de rente Sur ses appointements qui n'étaient que de trente. Oh! c'est un homme d'ordre!