ACTE I, SCÈNE IV
C*est un modèle à suivre.
DERVILLE
Et ce quelqu'un se nomme?...
MADAME DERVILLE
Franval.
DERVILLE
Comment! Franval?
MADAME DERVILLE
Sans doute.
DERVILLE
Le pauvre homme!
Ah! comme je le plains! je prévois que bientôt Son sort...
MADAME DERVILLE
Eh bien! son sort?...
DERVILLE, avec emploase.
Il est écrit là-haut!
Bon Dieu! que voilà bien une sotte épigramme! Où vois-tu donc cela?
DERVILLE
Dans les yeux de la dame.
Oh! c'est une friponne!
MADAME DERVILLE
Oui, madame Franval Est rieuse à l'excès; mais où donc est le mal? Ce caractère-là me plaît dans une femme.
La gaîté, mon ami, naît de la paix de l'âme;
A la vertu jamais elle ne nuit en rien;
Elle en est la compagne et souvent le gardien.
MADAME DERVILLE, MONSIEUR et MADAME FRANVAL, DERVILLE.
MADAME DERVILLE, à madame FranvaL Eh ! nous parlions de vous justement, ma petite.
FRANVAL
Nous venons, en voisins, vous faire une visite.
DERVILLE
A cette heure, grand Dieu! par quel heureux hasard?
A madame FranVal,
Vous, madame, surtout qui vous levez si tard I Mais pour votre santé je ne suis pas tranquille.
MADAME FRANVAL
Mauvais plaisant!... Sachez, mon cher monsieur Derville, Qu'à Passy, je me lève aussitôt qu'il fait jour.
FRANVAL
Dans le bois de Boulogne elle aime à faire un tour. Au surplus, nous allons vous dire une nouvelle. Dont ma femme déjà vient d'informer Adèle.
J'obtiens le consulat que l'on m'avait promis, Et je pars avant peu pour les États-Unis.