‹ Théatre (volume 3)Chapitre 138 sur 184 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

J*en suis sûr.

DERVILLE

Allons doncl viens déjeuner, de grâce.

CHARLES

J'allais dans le moment tirer sur des perdreaux.

Pourquoi donc faire peur à ces pauvres oiseaux?

CHARLES

Tu me crois maladroit, et je serais ton maître.

DERVILLE

Oui, c'est vrai. Vous savez, monsieur le géomètre. Si, pour bien ajuster, l'angle que vous ferez Doit être de quarante ou cinquante degrés; Mais la pièce par vous n'est jamais abattue.

Moi, je ne connais pas tout cela, mais je tue. A propos, j'ai trouvé...

CHARLES

Qui?

DERVILLE

Madame Franval.

J'ai sondé le terrain, nous ne sommes pas mal.

CHARLES

J'ai vu Pauline enfant, et je dois la connaître. C'est faux!

DERVILLE

Estime-la, je t'en laisse le maître.

Mais moi, certain regard furtif et plein d'appas, M'a fait sentir assez que je ne déplais pas.

CHARLES

Pauline est avec toi bienveillante et polie, Comme avec le mari de sa meilleure amie; Mais rien de plus.

DERVILLE

Mon cher, tu ne t'y connais pas; Je suis sûr que Ton m'aime.

CHARLES

Eh bien ! soit. En ce cas, Me diras-tu quels sont tes projets, mon cher maître? Réponds-moi.

DERVILLE

Je ne sais.

CHARLES

Voudrais-tu donc?...

DERVILLE

Peut-être.

CHARLES

Derville, tu parais l'oublier tout-à-fait, Franval est ton ami; le tromper! ce serait Une immoralité, j'ose dire profonde.

DERVILLE

Mon Dieu! Charles, je suis l'ami de tout le monde;

Et si par ce motif j'étais toujours conduit.

Examine, mon cher, où j'en serais réduit.

Paris est ainsi fait; tu ne le connais guère.

Crois-moi, tout cela, Charle, est de fort bonne guerre.

C'est différent, alors. Mais, en ce cas, dis-moi.

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