ACTE IV, SCÈNE II 3 I f
ADÈLE, trls-émue.
Oui, ce conseil est bon; oui, j'irai trouver Charle; Tout me dit en effet qu'il faut que je lui parle.
Marcinnt,
S'il reste, ah! je le sens, je n'échapperai pas Au précipice affreux entr'ouvert sous mes pas. De la fatalité je vais être victime; Charles, Derville, tout me pousse dans l'abîme. Il faut absolument l'éloigner de ces lieux.
MADAME FRANVAL, à part.
Pauvre Adèle !
ADÈLE
Sans doute il sera généreux; Son cœur a toujours eu de la délicatesse.
Mais où le rencontrer maintenant? Le temps presse... A la maison peut-être? ah! je l'en ai banni; De ma propre frayeur c'est moi qui l'ai puni. Mais quelque part qu'il soit, il faut que je le trouve. Et que je mette un terme aux tourmens que j'éprouve...
A son amie.
N'est-ce pas à ce soir qu'est fixé le départ?! ! !
MADAME FRANVAL
Oui.
ADÈLE
Courons le chercher; demain il est trop tard. II faut que je le voie aujourd'hui, dans une heure; Que je tombe à ses pieds, qu'il parte, ou que je meure. Éloignons-nous d'ici, Pauline.
3l6 LE MARI A BONNES FORTUNES
SCÈ!^E III
MADAME DER VILLE, entrant par la grille, ADÈLE,
MADAME FRANVAL
MADAME DERVILLE, dans h fond du théâtre»
Approchons-nous.
Arrêtant sa fille qui sortait.
Quelle agitation! ma fille; où courez-vous?
ADÈLE
Ma mère... c'est... souffrez... Derville... ce voyage... Je crains... je ne puis pas demeurer davantage... Suis-moi... pardon, il faut que je quitte ces lieux.
Elle sort avec madame Franval, et se dirige vers Passy,
SCÈV^E IV
MADAME DERVILLE, 5^tt/^.
Quel désordre effrayant dans son air, dans ses yeux! Juste ciel! quel langage incohérent, bizarre! Mais véritablement cette tête s'égare!
Je ne la conçois plus. Charles de son côté.
Autant que j'ai pu voir, n'est pas moins agité.