ACTE IV, SCÈNE V ^ly
ZOt y entrant par la grille, MADAME DERVILLE.
ZOÉ
On vient de m'apporter, Madame, avec mystère Ce billet.
MADAME DERVILLE
Donne-moi.
ZOÉ, voulant renipêcJjer d'ouvrir.
Mais...
MADAME DERVILLE
Laisse donc, ma chère.
Elle lit.
« Frappé, étourdi du coup qui m'a été porté, j'ignore ce que j'ai pu répondre à Pauline. Mais depuis, j'ai réfléchi, j'ai longuement réfléchi. Vous écrire mes projets serait insuffisant; il faut que je vous voye, il le faut. Un homme d'un âge mûr, un ami respectable assistera à notre entrevue, et verra sans entendre. »
Le singulier billet qu'aujourd'hui je reçoi I
Elle regarde V adresse.
L'adresse est à ma fille, il n'était pas pour moi. Zoé, qu'avez-vous fait? vous auriez dû m'instruire...
)l8 LE MARI A BONNES FORTUNES
ZOÉ
Hé! VOUS ne m'avez pas, Madame, laissé dire.
MADAME DERVILLE
Mais il faut profiter d'un hasard qui me sert. Achevons, puisqu'enfin ce billet est ouvert.
« Adieu, madame. Pour prix de l'amitié la plus respectueuse, ne me refusez pas la première et la dernière grâce que je réclame de vous. Je vous attends à neuf heures près de la grille du parc.
ff Charles. »
C'est en ce lieu. Vraiment la demande est honnête. Un rendez-vous! il faut qu'il ait perdu la tête. J'éprouve, en y songeant, une indignation!... Mais moi, que dois-je faire en cette occasion? C'est à moi d'empêcher... En gardant cette lettre, Je suis certaine..; Non... il faut la lui remettre. Oh! l'excellente idée! oui, ma fille saura Les beaux projets de Charle; elle le connaîtra. Le voile déchiré, plus de danger pour elle; Elle rompt avec lui.
Eîîe remet et presse le cachet. Haut.
Va-t'en trouver Adèle Chez madame Franval. Moi, je reste en ces lieux.
Zoé sort.