‹ ThéatreChapitre 127 sur 253 · ACTE m, SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VllI

PEDRO, bas à Gustnan, en le tirant par V habit.

Toi?

G u s M A N , avec amour-propre.

Moi.

PEDRO

De ton cerveau ?

GUSMAN

Ce qui se passe ici n'est point juste, je pense; Cest toujours toi qui fais, et moi qu'on récompense. J*ai voulu, des détails affrontant les ennuis.

Fièrement.

Prendre une fois la plume et montrer qui je suis.

MENDOCE

Mais, mon très cher cousin...

Gusman s'avance avec joie.

Quel travail détestable I Quel contre-sens!

Gusman reste consterné.

PEDRO, s* avançant derrière Gusman *.

Pardon... c'est moi qui suis coupable!

MENDOCE

Toi, coupable?

PEDRO

Hélas! oui, bien coupable, seigneur!

Gusman était sorti depuis longtemps, j'eus peur

* Gusman, Pedro, Mendoce.

Qu'il ne fût en retard, et, dans cette pensée, J'ai pris sur son bureau la besogne pressée.

Baissant les yeux.

Je Tai faite... il paraît que j'ai mal réussi.

M E N D G c E , riant d'un air capable.

Oui, ta rédaction n'est pas forte.

PEDRO, après avoir pris un papier sur la table.

Voici Celle de don Louis, qui sans doute est meilleure, Il a pris un carton pour l'autre.

MENDOCE

A la bonne heure;

n s* éloigne et m*.

GUSMAN, bas à Pedro,

Ami trop généreux!... Je te l'avais bien dit. Délaisse-moi, fuis-moi. Pour un être maudit Cesse de prodiguer ton esprit, ton courage;

Avec désespoir.

Je ne suis bon à rien, qu'à gâter ton ouvrage.

PEDRO, bas.

Imprudent, tais-toi donc!...

MENDOCE, revenant.

Pour le coup, c'est parfait; Voilà de la raison!... Je suis fort satisfait; Vous venez de me rendre un signalé service.

Pour vous récompenser, je vous donne d'office

* Pedro, Gusman, Mendoce.

ACTB III, SCÈNE VIII 2If

Une allocation de dix-huit écus d'or

Que je vais vous payer... sur les fonds du trésor.

PEDRO, bas à Gustnan, La somme est à toucher agréable, j'espère !

ôusMAN, bas.

Elle est à toi.

PEDRO, bas, avec attendrissement.

Merci... je l'envoie à ma mère.

MENDOCE, à Gusman,

Pour compléter enfin cet acte d'équité, El mettre en tout son jour votre capacité.

Dont vous m'avez donné mainte preuve éclatante. Je vous nomme sous-chef!...

GUSMAN

Quelle bonté touchante!...

Et mon pauvre Pedro? Je voudrais qu'il entrât Commis dans les bureaux.

MENDOCE, bas, avec un dédain bienveillant.

Il n'est pas en état.

GUSMAN, chaleureusement ,

Je vous réponds de lui tout comme de moi-même.

MENDOCE, d^ abord surpris.

Afin de témoigner, cousin, que je vous aime,

A Pedro, d'une voix forte.

Je te nomme aspirant-surnuméraire, toi...

Voici l'heure où mon plan sera soumis au roi;

A Gustnan, Et pour moi c'est un point d'une haute importance. Puis, un autre intérêt réclame ma présence;

2l8 LE BACHELIER DE SÉGOVIE

GUSMAN

Aimer... cela fatigue! Oh I j'en sais quelque chose! J'ai failli, l'an dernier... être amoureux.

PEDRO, d'un ton câlin.

Gusmanl...

GUSMAN

Point.

PEDRO

Mais c'est pour ton bien que j'ai formé ce plan;

GUSMAN, à demi ébranlé et le regardant.

Ah!..- tu crois qu'il me faut marier?

PEDRO, avec fermeté.

Sur mon âme.

C'est nécessaire.

GUSMAN

Eh bien ! va donc pour une femme!...

PEDRO, radieux.

Le mariage admis, je te conseille fort Une veuve.

GUSMAN

Jamais.

Quoi! jamais?... C'est un tort.

Car un vrai paresseux, fuyant une âme neuve, Doit, s'il est conséquent, épouser une veuve;

Gaiement.

C'est tout profit pour lui, puisqu'en l'objet aimé Il trouve... un cœur tout fait, un esprit tout formé.

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