ACTE V, SCÈNE IV
Lui rendant le papier.
Non, reprends.
Pourquoi donc?
PEDRO, effrayé.
En livrant cette lettre Tu perds ton avenir.
FABRICIO, avec calme.
Il n'est rien à mes yeux.
PEDRO
Tu compromets ta vie enfin ! ! !
FABRICIO, lui tendant froidement la lettre dont il a brisé
le cachet.
Je suis si vieux !
PEDRO
« Ma chère majesté, je vous transmets, d'urgence, « Pour votre sot époux un projet d'ordonnance « Bien simple et composé de deux articles courts... ' « Qu'il signera sans lire, ainsi qu'il fait toujours. »
A part.
L'insolente I « Décret : Les agents de la France « Seront jetés tous quatre en la tour de Valence, « Pour y subir, vingt ans, les rigueurs de la loi. « Car tel est mon plaisir suprême.
(( Moi,
a Le roi. »
FABRICIO
Abominable femme!
O l'heureuse missive!
GUSMAN
Nous sommes tous perdus si cette lettre arrive!
PEDRO
Nous sommes tous sauvés!
FABRiciO, confondu.
Sauvés?
GUSMAN
Par quel moyen?
PEDRO, du ton de V inspiration.
Paix! ne me trouble pas, le voilà! je le tien!...
PretuLul une enveloppe, écrivant, puis étant la lettre de V ancienne enveloppe, et la plaçant dans Vautre.
C'est son arme, après tout, que je tourne contre elle...
A Fàbricio, Va porter cette lettre à l'adresse nouvelle.
Fahricio sort.
Il faudrait que celui que Ton vient d'outrager Fût bien lâche et bien vil pour ne pas se venger.
SCÈtP^E V
GUSMAN, PEDRO, l'Alguasil.
Le projet est hardi, mais le péril immense.
O mon Dieu! prends pitié de moi dans ta clémence!
Si ma combinaison réussit aujourd'hui.