‹ ThéatreChapitre 172 sur 253 · ACTE I, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Vil

Le temps et le danger ont rendu tout égal.

Adieu.

// lui tend une main que Lambert presse avec transport.

SCÈ^E VII

SOPHIE, au fond du théâtre ; BÉCLARD. Le général s'assied et prend son livre. Sophie s* avance sur la pointe du pied, dépose son bouquet sur la table, un baiser sur le front chauve du vieillard^ et s'enfuit.

BÉCLARD, avec agitation et à part.

Ciel I qu'est-ce ?. . . Eh bien ! . . . C'est insensé. . . Mon âge Gravement.

Veut que je mette un terme à cet enfantillage...

Haut.

Espiègle, revenez, et parlons... sans détour.

Elle s'approche. Quelle étrange façon de donner le bonjour !

SOPHIE, très émue.

Ahl pardon, cher parrain. C'est que... vous voyant lire.

J'ai craint de vous troubler... Puis, faut-il vous le dire?

J'étais là quand Lambert est parti; j'ai tout vu.

En écoutant, mon cœur s'est tellement ému

Que, pour cacher mes pleurs, j'ai fui votre présence...

Avec affection.

Pourtant, je devais croire à votre bienfaisance, Moi, qui vous vis toujours sympathique au malheur! A la guerre, on louait votre rare valeur;

Dans la paix, vous offrez, monsieur, d'autres modèles : Les bonnes actions ont remplacé les belles.

BÉCLARD, emharrassé et satisfait.

Flatteuse!...

Gravement,

Occupons-nous d'objets plus importants.

Quand, comme toi, ma chère, on touche à dix-huit ans,

Uun ton ferme, 11 faut se marier.

SOPHIE, nonchalamment.

Je n'en ai nulle envie.

BÉCLARD, avec humeur.

Et c'est fort mal penser. Écoute-moi, Sophie: Ton père fut pour moi le meilleur des amis, Et j'exerce aujourd'hui les droits qu'il m'a remis. Ces divers soupirants, qui te blessent la vue, Sont-ils à dédaigner? Passons-les en revue.

Solange est le premier qui vint se proposer?

SOPHIE, toujours avec indolence.

Je ne le connais pas assez pour l'épouser.

BÉCLARD, ironiquement.

C'est juste, épouse-t-on les gens sans les connaître? Mais tous, ma chère enfant, n'ont pas ce tort peut-être ; Ainsi, que penses-tu d'Octave de Fabien?

SOPHIE, très vivement.

Oh ! lui, c'est diff^érent, je le connais trop bien.

BÉCLARD, souriant de sa vivacité.

Trop peu I trop bien ! Vraiment, tu ine fais de la peine. A ton âge, Sophie!...

SOPHIE, avec un tendre reproche.

Est-ce que je vous gêne?

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