‹ ThéatreChapitre 173 sur 253 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

BÉCLARD

Non... mais tu ne peux pas rester toujours ainsi.

SOPHIE, d'une voix suppliante.

Si vous saviez combien je suis heureuse ici!

BÉCLARD, souriant.

Je n'en dis pas autant... Au fait, pourquoi me taire? Tu viens de m'honorer d'un rude ministère, De celui des refus. Car, tu sais qu'en ton nom Je passe maintenant ma vie à dire non?

Charge-toi désormais d'appliquer ton système; J'attends un candidat

Gaîment,

Refuse-le toi-même.

SOPHIE, effrayée.

Moi, monsieur ?

BÉCLARD, toujours gaîment.

Pourquoi pas? Je suis très curieux De te voir une fois en juger par tes yeux.

Demeure donc ici; quand tu vas le connaître, Au lieu de dire no7i... tu diras oui peut-être.

UN VALET, annonçant.

Monsieur le Comte de Surville.

BÉCLARD, avec joie,

Ehl mais c'est lui.

Tout bas et affectueusement.

S'il te répugnait trop, compte sur mon appui.

SOPHIE, d*une voix suppliante.

Permettez que je sorte ?

BÉCLARD, la retenant.

Oh! non pas.

SCÈIT^E VIII

SOPHIE, BÉCLARD, SURVILLE. Salutations

réciproques,

BÉCLARD, cérémonieusement .

Ma pupille.

Monsieur... ma chère enfant, c'est Monsieur de Surville.

SURVILLE, à Sophie, d'un ton badin et un lorgnon à la main.

Je venais, ce matin, prier le général D'être mon avocat à votre tribunal ; Mais puisqu'un doux hasard nous a mis en présence,

Avec aplomb et gaité.

Je vais droit à mon juge et je prends ma défense.

BÉCLARD, bas à sa filleule.

Il est fort bien !

suRviLLE, à part.

Je fais impression!

SOPHIE, à part.

Le fat!

BÉCLARD, gravement à Sophie , Les aïeux de Surville ont jeté de l'éclat.

Son oncle maternel, qui fut un de mes maîtres. Est mort au champ d'honneur; et deux de ses ancêtres Se sont fait, à Jemmape, un renom glorieux! ! !

SOPHIE, bas et naïvement.

Mais il ne s'agit pas d'épouser ses aïeux.

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