ACTE II, SC0NE X
ADÈLE, vivetnetiL
Non!... Mais il oublia d'épouser ta grand'mère. Je sais de chaque chose et le faible et le fort; Eh ! bien, un vieux mari, ma chère, c'est la mort.
SOPHIE, extrêmement piquée.
Adèle, le propos que ta bouche hasarde.
Est étrange, est blessant.
ADÈLE, désolée et lui tendant la main.
Blessant? N'y prends pas garde.
Car, un propos, chez moi, n'est jamais calculé;
Avec pétulance.
Je réfléchis toujours après avoir parlé...
Lorsque je réfléchis!... son âge?
SOPHIE, avec mépris.
Eh! que fait l'âge?
D'un ton exalté,
La gloire est tout pour moi.
ADÈLE, vivement.
De la gloire en ménage ?
Merci...
Poussant un gros soupir.
Que de mérite, ah ! j'en sens tout le prix.
Pour rester sans reproche avec de tels maris ! Quand ils sont jeunes, gais, qu'ils ont figure humaine..
Gaillardement, A les aimer déjà l'on a bien de la peine!
Avec curiosité.
Mais comment parvint-il à s'emparer de toi?
A l'aide de grands biens?
SOPHIE, froidement.
Il en a moins que moi.
ADÈLE, toujours étourdimetit .
C'est singulier!... Alors, tu voulais, j'imagine, Dominer ton mari ?
SOPHIE, froidement»
C'est lui qui me domine.
ADÈLE, stupéfaite.
Ton mari?
SOPHIE
Mon mari.
ADÈLE, avec vohîbilité et gaîté*
Contraste curieux!
Quand je commande au jeune, elle obéit au vieux...
Cérémonieusement.
Mais, s'il en est ainsi, tu m'apprendras toi-même Ce qui t'a décidée à le choisir?
SOPHIE, tendrement.
Je l'aime.
ADÈLE
En voici du nouveau!
SOPHIE, avec une douce moquerie.
Tu te railles fort bien Du mari que j'ai pris; parlons un peu du tien.
Gravement.
C'est un homme, à coup sûr, bien extraordinaire, Un homme remarquable, éminent?
ADÈLE, vivement.
Au contraire.