‹ ThéatreChapitre 28 sur 253 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Avec ivresse.

Me serait-il, d'ailleurs, permis de t'oublier? Sur le passé mon cœur ne peut se replier, Que chaque souvenir ne m'offre ton image; A chaque souvenir je t'aime davantage!...

Ah! ces mots-là me vont jusques au fond du cœur!...

Se retournant.

Voici monsieur Martin!

JC£^£ IV

SÉRAPHINE, MARTIN, un cahier à la main; CYPRIEN, BÉATRIX, dans la coulisse,

CYPRiEN, saluant.

Mon ancien professeur Ne me reconnaît pas jusqu'à présent, je gage?

MARTIN, étonné. Il entre par la gauche de V acteur. Non.

CYPRIEN

Regardez-moi bien.

MARTIN

Pourtant votre visage, Vos traits... si je n'ai pas des souvenirs trompeurs...

CYPRIEN

J'étais, au séminaire, un de vos auditeurs.

MARTIN

Monsieur le curé, passe.

Ensuite, ma cousine.

Geste approbatif.

CYPRIEN

Moi, je regretterai mon père et Séraphine.

Au vicaire qui fronce le sourcil.

C'est ma cousine aussi.

MARTIN

Faiblesse, mes enfans, Faiblesse, qui, chez vous, ne peut durer long-temps. A force d'aimer Dieu Ton se perfectionne.

Vous parviendrez bientôt à n'aimer plus personne; Voyez, moi!... Mes amis, pour nous le vrai bonheur. Le seul est d'oublier que nous avons un cœur. Comme on jouit alors d'un calme désirable!

Quelle béatitude entière, inaltérable.

Devient notre partage!... Habitant du saint lieu. On est tout à soi-même, en étant tout à Dieu,

B É A T R I X , dans la coulisse .

Séraphine!

SÉRAPHINE

On y va.

BÉATRIX

Séraphine!

SÉRAPHINE, au vicaire.

On m'appelle.

Elle sort.

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