‹ ThéatreChapitre 30 sur 253 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

MARTIN

Quelle femme!... 11 est vraiment étrange, Quand je veux travailler, qu'ainsi Ton me dérange.

CATHERINE

Votre ton est si dur!

MARTIN

Le vôtre est-il si doux?

CATHERINE

Je me gâte, depuis que je suis avec vous.

MARTIN, en colère.

C'est vous qui m'irritez!

CATHERINE

Aimable caractère!

Et le vôtre?

c A TH E R I N E , S* approchant .

Écoutez un avis salutaire!

Autrefois, on citait votre bonté partout; La prêtrise aurait dû l'augmenter, pas du tout. Depuis que vous portez cet habit respectable, Vous êtes devenu rancunier, détestable.

Dur dans vos actions, aigre dans vos discours; En un mot, vous valez un peu moins tous les jours.

MARTIN, avec amertume .

Puisqu'il en est ainsi, que mon humeur vous semble Si fâcheuse, pourquoi restons-nous donc ensemble?

CATHERINE, vivement .

Je partirai demain !

fO LE PRESBYTÈRE

MARTIN, du même ton.

Mon Dieu, dès aujourd'hui.

CATHERINE

Toujours se quereller, c'est aussi trop d'ennui ; Toujours des mots amers! Cette vie est affreuse!

MARTIN

N'en accusez que vous, que vous, femme odieuse. Indigne, acariâtre!

Acariâtre, ô ciel !

MARTIN

Sans doute.

CATHERINE

Acariâtre!... Eh bien! homme cruel...

MARTIN

Qu'à me persécuter elle est opiniâtre!

CATHERINE

Vous ne reverrez plus la femme acariâtre!

Je pars, et pour toujours.

MARTIN

Adieu !

CATHERINE, duns h fond du théâtre.

L'abbé Vincent Est bien meilleur que vous! Il n'est pas offensant. Il traite avec égards sa bonne gouvernante.

MARTIN

C'est qu'il a pour cela quelque raison... puissante. Car, Dieu merci, je sais bien des choses sur lui.

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