ACTE I, SCÈNE III If
Commis de Cicéron, greffier de Démosthène?
Mais très-certainement vous ignorez encor Les devoirs d'un alcade ou d'un corrégidor.
Livré, depuis l'enfance, aux classiques études, Vous ne connaissez pas nos lois, nos habitudes. En Espagne, mon cher, pour faire son chemin, Il faut un Espagnol et non pas un Romain!...
Avec sang-froid.
Le plus ferme courage à la fin se rebute.
Du ciel jusqu'aux enfers tombé de chute en chute. Repoussé, méconnu, honteux de mon erreur...
J'entrai, sixième clerc, chez un vieux procureur; Puis, jusqu'à l'humble huissier il me fallut descendre! Je végétais ainsi, quand on me fit comprendre Que Salamanque était sans ressource pour moi. Qu'à Madrid seulement j'obtiendrais un emploi. Et que j'y trouverais le terme de mes peines. Je suis donc à Madrid depuis quatre semaines! J'y suis, d'un but unique occupé désormais; J'y suis, frappant partout sans qu'on m'ouvre jamais : J'y traîne amèrement ma pénible existence.
Abandonné de tous... mais non de l'espérance; Sans amis, sans parents, sans abri, sans secours.
Se grandissant.
Mais résolu de vivre et de lutter toujours.
G u s M A N , avec admiration .
Bravo! Voilà, mon cher, de la fermeté d'âme, Voilà de la vigueur...
Se retournant.
Mais quelle est cette femme Au regard si hautain?
If4 LE BACHELIER DE SÉGOVIE
PEDRO
Attends donc!... c'est, je crois, Le ministre en jupons qui nous donne des lois.
Ils sortent par la droite.
SCÈS^E IV
MENDOCE, LA COMTESSE BERLIPS, précédée de deux pages, dont Vun se place en arrière; FABRICIO, en arrière, PEDRO et GUSMAN, cachés dans un cabinet,
LA COMTESSE, avec dignité.
Assez, don Raphaël, assez! quelle séance!
Ainsi, plusieurs objets d'une haute importance Sont réglés maintenant.
Uun air tout gracieux.
Premier point exigé.
Vous placerez demain mon jeune protégé.
Minaudant.
Un cavalier charmant!
MENDOCE, S* inclinant profondément.
Dès demain. Excellence.
LA COMTESSE, sévèrement.
Second point, poursuivez les amis de la France.
MENDOCE, S* inclinant encore.
Comtesse, avec ardeur.