ACTE I, SCÈNE IV I f f
LA COMTESSE, d*un tott sohnncl.
N'en déplaise à d*Harcourt, Cette cause est perdue, elle l'est sans retour. Oui, malgré les agents que Ton met en campagne, Jamais le duc d'Anjou ne sera roi d'Espagne.
Mifiaudant. Se tournant vers Mendoce, Mon éventail... Il est arrivé ce matin Une femme, un démon, une Française enfin!
Vous autres Castillans, vous êtes bons, dociles. Mais ces damnés Français ne sont pas si faciles! Ils agitent l'Europe, ils troublent l'univers...
Uun ton de petite-niaîtresse.
Je ne puis en voir un sans avoir mal aux nerfs.
Au même page, A Mendoce.
Mon flacon... En Espagne ils ont toute influence; Leur langue y règne seule. Oh! que je hais la France! Mais ce qui m'humilie et me blesse à l'excès, C'est d'être condamnée à le dire en français!... Vous êtes pour beaucoup dans tout ce qui se passe.
MENDOCE, interdit.
Qui, moi?
LA COMTESSE, avec sévérité.
Votre mollesse engendre leur audace.
MENDOCE
Qu'entends- je?
LA COMTESSE
Je l'ai dit au ministre tout haut, Votre capacité me paraît en défaut.
Oui, depuis quelque temps, sous vos yeux on conspire. Et sur l'esprit public vous n'avez plus d'empire.
If6 LE BACHELIER DE SÉGOVIE
MENDOCE, à part.
Maudit commis si sûr, si prompt à me servir!
De quoi diable s'est-il avisé de mourir?
LA COMTESSE, rf*«« air impérieux .
Résumons-nous. J'ai dû, dans votre intérêt même. Vous désigner les gens que je hais, ceux que j'aime. Connaissant mes désirs, vous savez vos devoirs; Allez.
MENDOCE, s* avançant comme pour faire une objection.
Madame...
LA COMTESSE, avec hauteur.
Allez!... j'augmente vos pouvoirs; Mais aussi, faites-en l'usage convenable; Frappez, emprisonnez, je vous rends responsable.
// sort par la gauche.
SCÈU^E V
LA COMTESSE et ses pages; FABRICIO, dans le fond;
PEDRO et GVSMAN y cachés.
LA COMTESSE
Allemande, je veux un monarque allemand.
Oui, loin, bien loin la France! il serait beau, vraiment, De voir le vieux Louis, qui tremble dans Versailles, Gagner une couronne en perdant vingt batailles!