ACTE I, SCÈNE VII Ify
Appelant Fdbrido,
Dis-moi!... je t'ai placé, je ferai plus un jour; Mais il faut, bon vieillard, me payer de retour.
Baissant la voix.
Vois, examine, écoute, et, si tu veux m'en croire. Tâche, pour avancer, d'avoir de la mémoire.
Elle met le doigt sur sa touche et sort.
SCÈC^QE VI
FABRICIO; PEDRO ^/ GUSMAN, cflc/;/^.
F A B R I CI G, se croyant seul,
La comtesse me donne un singulier emploi !
Je suis très-curieux, mais je le suis pour moi. Dénoncer pour avoir une place plus belle; Fi!... Je perdrais plutôt celle que je tiens d'elle.
// sort avec humeur
SCÈSI^E VU
GUSMAN et PEDRO, se montrant.
PEDRO
L'étrangère, qui fait trembler tout le palais, La fameuse Berlips, enfin tu la connais?
If8 LE BACHELIER DE SÉGOVIE
Et je ne suis pas fier de cette connaissance!
PEDRO, effrayé.
Parlons plus bas, ami; car tu vois sa puissance. Elle ordonne, elle règne, elle opprime surtout.
GUSMAN
Je ne sais qu'une chose; on la maudit partout. Les affaires d'État n'ont rien qui m'inquiète; Jamais je ne regarde au-dessus de ma tète.
Pourtant, depuis dix jours, j'ai fort bien observé Qu'on s'agite beaucoup; qu'est-il donc arrivé?
PEDRO
Tu sais que jeune encor, mais vieux par la souffrance, Charles Deux va finir sa trop longue existence?
GUSMAN
Oui, sans doute.
PEDRO
Tu sais, avec le monde entier.
Que, marié deux fois, il n'a point d'héritier?
GUSMAN
Poursuis.
PEDRO
Dans ce pays, l'inquiétude est grande, L'Aragon s'est ému, la Castille demande Qu'un successeur du roi soit désigné par lui; C'est demain qu'il le nomme et peut-être aujourd'hui. Tu dois juger combien il s'est formé d'intrigues. Combien de factions, de complots et de ligues? De là vient, mon ami, notre agitation.