ACTE I, SCÈNE X léf
SCÈS^E X
MENDOCE, FABRICIO, ISABELLE, ÉMERANCE, dans le fond. Mendoce entre sans saluer, dépose son portefeuille, son épée et s'assied.
ÉMERANCE, has, à Isabelle.
Il nous laisse debout!
ISABELLE, has.
Les commis, Émerance, Sont, dans la péninsule, aussi polis qu'en France.
MENDOCE, à Fahricio.
J'attends.
Fàbrido fait signe aux dames de s'approcher.
ISABELLE
Une amitié fort étroite, seigneur, M'unit, depuis longtemps, à votre belle-sœur.
MENDOCE, d'un air mécontent.
Avec ma belle-sœur?
ISABELLE
Il faut que j'en convienne.
Son intérêt m'est cher...
Finement.
Et sa cause est la mienne.
l66 LE BACHELIER DE SÉGOVIE
MENDOCE
En ce cas, senora, nous sympathisons peu.
Cette femme devint ma sœur sans mon aveu ; Je ne la connais pas.
ISABELLE, avec dignité.
Voulez-vous bien m'instruire De vos griefs ?
MENDOCE, avec humeur.
Elle est... puisqu'il faut vous le dire...
A moitié suj^oqué.
Elle est Française.
ISABELLE
Eh bien, c'est un tort des plus grands, Avec gaieté et en regardant le public, Que partagent, dit-on, beaucoup d'honnêtes gens.
MENDOCE
Puis, on prétend qu'elle est sans esprit.
ISABELLE, avec apîofnh.
Elle espère Pouvoir incessamment vous prouver le contraire.
MENDOCE
Enfin, j'aime beaucoup les caractères doux; Le sien est tracassier, impérieux, jaloux.
ISABELLE, avec mansuétude.
On vous trompe! elle est douce, un regard l'embarrasse. Tenez, si maintenant elle était à ma place, Elle que vous taxez de rudesse et d'orgueil,
De Vair le plus gracieux.
N'oserait pas vous dire : Offrez-nous un fauteuil.