ACTE I, SCÈNE I
Le pain de la pitië fuyait ma bouche impie; Que deyenir ? Alors, aux re'cits de Gama , La soif de conquérir sur nos bords s'alluma.
Nos guerriers en espoir dépouillaient yotre monde Des tributs éclatans qu'il recueille à Golconde, Voguaient vers ces climats où POcean pour eux Sur l'ambre et le corail roulait ses flots heureux. Almëida , leur chef, me vit d'un œil de frère ; Au fond de ses yaisseaux il cacha ma misère : Adieu , dis-je, yallons que je ne yerrai plus.... Mais la flotte emporta mes regrets superflus, Toucha le cap terrible , et , nommant sa conquête , Fit asseoir l'espërance où mugit la tempête.
J'apportais l'esclayage et je reçus des fers. Vos soins ont adouci les maux que j'ai soufferts : Ah! prenez en échange une yie agitée, Que loin du sol natal l'orage a transplantée y Disposez d'un captif libre par yos bienfaits.
Mais du beau ciel d'Europe exile pour jamais !
IDAHOBE.
Des bouts de P univers quel destin nous rasseAible, Pour nous aimer, nous plaindre, et pour souffrir ensemble !
L'erreur t'a repousse du milieu des chrétiens
L'homme est partout le même , et tes maux sont les miens.
11 est sur ce rivage une race flétrie , Une race étrangère au sein de sa patrie j Sans abri protecteur, sans temple hospitalier, Abominable , impie , horrible au peuple entier, Les Parias ; le jour a regret les éclaire ;
La terre sur son sein les porte avec colère , Et Dieu les retrancha du nombre des humains Quand l'univers créé s'échappa de ses mains.
L'Indien y sous les feux d'un soleil sans nuage, Fuit la source limpide où se peint leur image , Les doux fruits que leur main de l'arbre a détachés , Ou que d'un souffle impur leur haleine a touchés.