ACTE I, SCÈNE I. i
De Péternel printemps des forêts d*Orixa.
Leurs gazons, leurs rochers importunaient ma yue; Mes jeux du haut des monts dévoraient Fe'tendue , Quand mon père attachait mes esprits enchantes ^^ Aux tableaux fabuleux qu'il traçait des citf^s : J*en dëcouTrais de loin les pompeux édifices , J'en devinais les arts, j'en rêvais les délices , Je brûlais , consumé du désir curieux P*admirer ces mortels , ces rois , ces demi-dieux ,
Ces êtres inconnus O Zarés , ô mon père ,
Que ton réveil fut triste et ta douleur amére , Quand ton œil , sur ma couche errant avec effroi , Lui demanda ton fils qui fuyait loin de toi !
ALVAR
Quoi ! vous Pavez quitté ?
IDAMORE
Voilà , voilà mon crime j Voilà de mes malheurs la source légitime.
i4 LE PARIA.
Zjarés aux doux sommeil s'abandonnait encor : Je pars ; fuyant sans guide aux champs de Balassor, Des pieds du voyageur j'interrogeais la trace. Farouche» étincelant de vigueur et d'audace , Les tigres des déserts , par mes bras terrassés , Me couvraient tout entier de leurs poils hérissés. Ainsi de ma tribu les vétemens serviles N'écartaient point mes pas de l'enceinte des villes. J'y courais ; des clairons les belliqueux accens Pour la première fois font tressaillir mes sens : J'écoute... il me sembla qu'ils parlaient un langage Connu de mon oreille et doux à mon courage.
La plaine se couvrit d'armes et d'étendards : Je les vis ces mortels qu'appelaient mes regards j Je cherchai sur leur front quelque marque divine Où fût empreint l'éclat de leur noble origine j Vain espoir ! Qu'ai-je vu ? des traits efféminés , y ieiUis par les plaisirs , par les pleurs sillonnés ,