ACTE II, SCENE V. G
NEALA.
Eh ! quel est ton espoir ? que d^une âme afiennîe
J'accepte en tMpousant Texil et Finfamie?...
Je le yeux; mais* demain quel sera mon appui ,
Si Fange de la mort m'appelle devant lui ?
Surprise dans les nœuds d'un hymen sacrilège ,
A ce juge irrité, dis-moi, que rëpondrai-je ?
Le courroux des humains ne peut m'ëpou vanter j
Mais le sien , mais pour toi le faut-il affronter ?
Mais faut-il échanger contre des cris funèbres ,
Contre le noir séjour des esprits de ténèbres ,
Contre des châtimens qui prolongent mes maux
Au delà de ce monde , au delà des tombeaux^
Cette paix , ces plaisirs , ces innocentes joies.
Que Dieu garde aux tribus qui marchent dans ses voies »
Dieu même, et les clartés de ce palais divin -
Où rayonne jun jour pur sans aurore et sans fin ?
IDAMORE
Non ; mais je t'y suiyraî. Quel forfait m'en exile? Le sein de TÉtemel est aussi notre asile.
Va , ces mortels si fiers, qui nous ont rejetés, De ce bonheur en Tain nous croient déshérités. Nous sommes ses enfans. Comme sur leur yisage N'a-t-il pas sur le nôtre imprimé son image ? De nos jours et des leurs , qu'il pèse également Au même feu céleste il puisa l'aliment.
Nos sens formés par lui , nos traits , tout est semblable. Ont-ils un œil plus sûr, un bras plus redoutable ? Dieu dans leur voix plus mâle a-t-il mis d'autres son» ? Le soleil , pour eux seuls prodigue de moissons , N'échaufle-t-il pour nous que poisons homicides ? Les fruits se sèchent-ils sur nos léTres arides ? Les flots , dont notre soif implore les secours , Pour ti omper ses ardeurs détournent-ils leur cours ?