ACTE II, SCÈNE V
Ces'mortels, comme nous , sont condamnés aux larmes , Soumis aux mêmes maux , blessés des mêmes armes - Les mêmes passions nous brûlent de leurs feux j Ils souffrent comme nous et nous aimons comme eux... Ah ! cent fois davantage... Et Dieu, lui , notre père , N'eût fait de tant d'amour qu'un jeu de sa colère ! L'homme a seul méconnu ce doux instinct des cœurs j Des frères, qu'il proscrit, il sépare les sœurs. La mort rassemblera cette famille immense j Dieu nous appelle tous : le Brame qui l'encense , Et l'enfant du désert repoussé des autels , Reposeront unis dans ses bras paternels.
Je goûte à t'écouter un charme trop funeste j D'un courroux qui s'éteint ne m'ôte pas le reste. Ah ! fuis , séparons-nous !
IDAMOR£.
Tu l'ordonnes , je pars ;
Mais y<ers moi pour adieu tourne au moins tes regtfrds^ 'Ne me refuse pas....
fTEALA ^ K rdoamant tch lui.
Idamore !
IDAMORE , >e rapprochant d'elle par degréi.
Ma vue !N^a pas trouble' tes sens d^une horreur imprévue. Non. Qu'avais-tu pensé ? que tu reconnaîtrais Le sceau de la vengeance empreint sur tous mes traits. Se sont-ils revêtus d^unc forme nouvelle ?
Crois-tu qu'un feu sinistre en mes jeux étincelle ?....« Ils hrillent, Néala , de tendresse et d'espoir. Laisse-les s'enivrer du plaisir de te voir.
Ne tremble pas ainsi ; que mon bras te soutienne j Que je sente ta main tressaillir dans la mienne. . . . £h bien! le Tout- Puissant, de mon bonheur jaloux , Pour désunir nos mains , descend-il entre nous ? Sa fureur sous tes pieds n'ébranle pas la terre ;