‹ ThéatreChapitre 56 sur 92 · ACTE m, scÊNî: IV · texte numérisé non relu

ACTE m, scÊNî: IV

IDAAIORE.

Quoi! vous me pardonnez ? ■ '

ZARES. Il »e lève et regarde 8on Cl». *

Heureux progrès des ^ns !

Que sont port .est plus fier, sed traits plus imposans! Que son aspe^it m'enchante !

, IDAISIORE.

O ciel ! par qi^ rav^^e Les ans sur sou front pâle ont marqua leur passage ! ' '. ZARÈS.

% Ce ne sont pas les ans , mon âls, mais les chagrins. 'Vos jours dans les cites ne sont pas tous sereins j ^

•Et pourtant quel .mortel , maudit des destèi^es , 'Vit en plus 8oTnbre& nuits s'y ctttnger «es journées ? ,

* Fût-il pour l'œil d'un père un jJlus affreux réveil ?• ■• Malheureux, j'ai vu naître et pâlir le soleil j Sans que ses premiers feux ni sa clarté mourante tDe mes sens éperdus aient caltfté l'épouvante.

loo LE PARIA. .

Je marchais , je courais , je criais ; O raoti fils I

Mon fih!.., Uéchm h» seul rëpondait à mes cris.

*. Je renlrai vers'le soir, me disant sur ma route •

f ' * Près du toit paternel mon fils m'attend sans doute.

Personne sur le seuil , nul Testige , aucun l^rdit j

Je m'y retrouvai seul, et seul avec la nuit.

Que son astre à regret sembla mesurer l'heure !

» Combiep ma,«oKtude agrandit ma demeure !

^es yeux, de pleurs noyés , s'attachaient sans espoir

Sur cette place vMe , où tu devais t'asseoir.

J'accusai âe ta mort le tigre , le reptile,

IVos rochers , dont les flancs te devaient un asile :

Ces arbres du y a lion , mes hôtes , mes amis.

Muets témoins du crime et qui l'avaient permis ,

«To^t , l'univers entier, Iqs humains et moi-mém« , .

Avant de t'accuser, ô toi , mon bien suprême.

Toi l'unique soutien d'un père vieillissant, t

Toi que j'avais nourri , to^ mon fils , toi mon' sang l

" ACTE m, SCÈNE IV. ,oi

Ctftifondàiit jusqu^auX'dieux dans ma haine implacable , jje n^excusai qhp t^ , tbirseul étais coupable ! •

IDAMORE

G crime ! à quels tourmens je yqus ai condamne' ?

ZARÈS

ijtrïï^tait rien cncor, mais je te spupçonnar^ Sur mes lèvres soudain mes plaintes expirèrent, Un frisson me saisît, mes larmes s*a||rétéreni;

- J^ crus mourir. Alors la triste Tërité

Jusqu^au fond de mon âme entra de tout côté. ^ Dans toute sa grandeur j'embrassai ma misère : ■ Injustement flétri dians les flancs de ma mère , En horreur aux humains que j'aimais malgré moi ,

Cet amour dédaigné je le versai sur toi

Et tu m'abandonnais î Dans un transport de rage ,

- Q«ni1 m'écriai-je enfin , voilà donc ton ouvrage j Brama, tu l'as voulu. Non, tu n^xistes pas j

Je ne crois plus aux dieux , Je crois aux £»ls ingrîrts j

102 £b paria.

Je crois a mon malheur ! Mais helas ! quel sujipfKre • De nûr dans son coa&r PëteriieU^'J^'sUce ," ^

De yieillixsans espoir de revoir ses aïeux , Seul au monde , étrangei* entre Phomme et les cieax j 5 Trop plein d'un sOitiiâent que nul ne veut vous rendî:ifii> . Et qui même en ma dieji n'a plus où se répandre. Tel fut mon sort. Trois ans j'en supportai l'horreur. J'avais de t«n retour nourii la folle erreur. , Tu ne revenais pas j las d^espëranees vaines , »

J^ tentai du désert les routes incertaines y ' ' ^

J'offris ma têtèfeue à l'ardeur de» étés j , * •

Je poursuivis la mort jusqu'au sein des çitési Plaint y^ams être connu , j'y ^as à la nuit soiçLre Quelques haUts grossiers que j'in^or^s dans l'on&re. • Caché SQUs ces lamheanx ; j'errais sur les chemins. Pour la premier» fois j'abordai les'humains ^ Toi^ nom ; qu'ils publiaieift , me déolfcrvrit tes traces* Je me li^^ , j'accours, je te vo4s , tu m'embrasses j

*^ ^ . ACTE m, fMSÈME IV. io3

Et c^est lorsqu'aux autels tu vas par tes^sermeDs MA|>river pour toujours de tes embrassemens ! IDAMORE.

* Ciel ! que vous a-t-on dit ?

ZARKS.

* Prouve-moi qu^on m'abuse;

Je te croirai : partons.

IDAMORE

w *^ EhMepuis-je?

ZARÈS

Il refuse î

IDAMORE

Dans quels lieux cherchez-vous cette tranquillité. Ce bonheur.inutuel qu'en fuyant j'emportai?

Là V chaque monument de ma première enfance,

Me rfiHpochant ma faute , aigrit votre souffrance.

. . If

Là, tout parlf à vos yeux de malheur» ti^p connus»,..

lo} , LE. PARIA. ^ ^

Z\RÈ.S.

On se plaH au refcit de« maux qu'on ne sent plus. ' Allons.

IDAMORE

Ah ! laissez-moi , combattant votre cnyie , A leur charme funeste arracher votre vie, Avec elle au disert loin de m'ensevelir , Au fond de mon palais laissez-moi l'embellir, Knftourer son déclin de plaisirs , dont l'ivresse t * * Écarte les langueurs où s'e' teint la viçillesse^ Rassembler sur vos pas tous les tributs des artsj Que leur faste opulent e'clate à vos regards. • Partagez mes honneurs, jouissez de ma gloirc;

ZAHÈS.

Après l'avoir perdue, ôte-moi la mémoire, S'il faut que je profère à mes plaisirs passes Tes faux biens sans attr^t poiir mes sens emdussdst Que m'importent des arfs dont j'ignore l'usage!

• ACTE III, SCÈNE IV. io5

Xoiit leur faste vaut-il ma liberté sauvage ? Par quels spectacles vains crois-tu tenter mes yeux? Quels trésors me plairaient ? quels honneurs glorieux ? Mes spectacles à moi sont un ciel sans nuages, *

L'immensité' des mers, les astres, les orages, L'aurore , dont l'éclat va renaître pour moi, Si je'|>uis sur nos monts l'admirer ayec toi j Mes honneurs sont tes soins , mon unique richesse , C'est toi, c'est le bonheur de te parler sans cesse, De reposer ma tête en te voyant le soir, Et de la relever, mon fils, pour te revoir.

Que m'offres-tu? des jours passés dans la contrainte , 4 gémir, à t'attendre, à te voir avec crainte, ' Quand la gloire ou l'amour voudront bien par pitié Te céder pour une heure à ma triste amitié* Je t'aime avec excès, sois a moi s^ms partage. Né croîs pas que ce cœur, que ta froideur outrage , Ce cœur, qui;brâîe encor, se donne tout entier

, io6 LE PARIA.

-Pour ces restes du tien dont tu le veux payer. Non, c'est trop me celer le lien qui t'arrôtej Un noble hymen t'appelle et la pompe en est prête.

Je sais tout par l'objet de tes feux insensés

IDAMORE

Vous voulez que je parte et vous la connaissez ? C'est peu de tant d'attraits dont l'heureux assemblage Sans doute a dés l'abord emporté votre hommage^ Sa bonté , pardonnez si j'en appelle à vous , Prête une grâce auguste a des charmes si doux. Je l'adore, elle m'aime. . . . Ah! tendresse intrépide î Elle m'aime, et mon sort n'a rien qui l'intimide. Orgueil du sang, devoir, elle a tout oublié j A l'exil qui m'attend son destin s'est liéj Et je n'acceptais donc ce touchant sacrifice, . Que pour lui préparer un éternel supplice ? , Dois-je l'abandonner ,* on le soin Ue ses droits Doit-il se révolter contre^^vos justes lois? .* >

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