‹ Théâtre chimérique; vingt-sept actes de pantomimeChapitre 42 sur 122 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

STELLA

En vérité, mon pauvre Gibbone, ce n'est pas le fou de cour qu'on devrait t'appeler, mais bien le sage. Tu \ien3 de me faire là un sermon en quatre points à rendre jaloux notre vieil évèque.

GIBBONE

Et un sermon aussi inutile que les siens, à ce que je vois.

STELLA

Absolument.

IGi THÉÂTRE CHIMÉRIQUE

GIBBOXE

Ainsi, rien au monde ne pourra désormais changer votre résolution, et vous entrerez demain dans ce couvent, et vous direz adieu à la vie !

Pour toujours.

GIBBOXE

Sans en avoir un peu goûté, de cette vie que vous déclarez odieuse?

STELLA

Elle m'est odieuse justement parce que j'y peux goûter à tout.

GIBBOXE

Etes-vous bien sûre de cela ?

STELLA

Tout à fait sûre. Que puis-je désirer, parmi les joies humaines, dont la possession me soit interdite?

GIBBOXE

C'est vrai. Vous êtes jeune, belle, riche, toute-puissante, fille unique et adorée d'un prince dont la volonté universellement obéie n'obéit qu'à la vôtre.

STELLA

l'u vois bien I

GIBBOXE

Vous êtes, en effet, la plus malheureuse des femmes.

STELLA

Dis-tu cela par raillerie?

GIBBONE

Je dis cela du fond du cœur, Altesse, et d'un cœur déchiré, d'un cœur sanglotant. Regardez plutôt les grosses larmes qui coulent sur mes joues !

STELLA

Oui, tu pleures, mon pauvre Gibbone, tu "pleures sincèrement. Comme c'est bien, de pleurer ainsi sur mon sort ! Ah ! il n'y a que toi qui saches m'aimer !

GIBBONE

Je le crois.

STELLA

Car toi seul me comprends.

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