SCENE PREMIERE
STELLA
En vérité, mon pauvre Gibbone, ce n'est pas le fou de cour qu'on devrait t'appeler, mais bien le sage. Tu \ien3 de me faire là un sermon en quatre points à rendre jaloux notre vieil évèque.
GIBBONE
Et un sermon aussi inutile que les siens, à ce que je vois.
STELLA
Absolument.
IGi THÉÂTRE CHIMÉRIQUE
GIBBOXE
Ainsi, rien au monde ne pourra désormais changer votre résolution, et vous entrerez demain dans ce couvent, et vous direz adieu à la vie !
Pour toujours.
GIBBOXE
Sans en avoir un peu goûté, de cette vie que vous déclarez odieuse?
STELLA
Elle m'est odieuse justement parce que j'y peux goûter à tout.
GIBBOXE
Etes-vous bien sûre de cela ?
STELLA
Tout à fait sûre. Que puis-je désirer, parmi les joies humaines, dont la possession me soit interdite?
GIBBOXE
C'est vrai. Vous êtes jeune, belle, riche, toute-puissante, fille unique et adorée d'un prince dont la volonté universellement obéie n'obéit qu'à la vôtre.
STELLA
l'u vois bien I
GIBBOXE
Vous êtes, en effet, la plus malheureuse des femmes.
STELLA
Dis-tu cela par raillerie?
GIBBONE
Je dis cela du fond du cœur, Altesse, et d'un cœur déchiré, d'un cœur sanglotant. Regardez plutôt les grosses larmes qui coulent sur mes joues !
STELLA
Oui, tu pleures, mon pauvre Gibbone, tu "pleures sincèrement. Comme c'est bien, de pleurer ainsi sur mon sort ! Ah ! il n'y a que toi qui saches m'aimer !
GIBBONE
Je le crois.
STELLA
Car toi seul me comprends.