SCÈNE XL
Un terrain devant les murs d'un couvent. Il fait nuit.
EUSÈBE, RICHARD, CtlAO portant une échelle.
RICHARD
Arrive sans bruit, et mets l'échelle de ce côté.
Je vais être Icare, moins les ailes ; Phaéton, moins le char de feu ; je prétends escalader le soleil, et si la lumière veut m'aider, j'irai même au delà du firmament. Quand je serai monté, retirez cette échelle et attendez que je vous fasse signe. Celui qui s'expose à monter, qu'il monte d'abord ; qu'il descende ensuite blessé, et réduit en cendres, la douleur qu'il éprouvera en descendant ne peut le faire renoncer à la gloire d'être monté.
RICHARD
Qu'attendez-vous ?
CÉLIO
Quel obstacle arrête votre orgueilleux dessein ?
EUSÈBE
Ne voyez-vous pas cette flamme qui me menace ?
RICHARD
Seigneur, ce sont des fantômes forgés par la peur.
EUSÈBE
Moi avoir peur !
célio .
Montez.
EUSÈBE
Je monte. Quoique aveuglé par un tel éclat, je me jette dans les flammes. Le feu de l'enfer ne me pourrait arrêter. (Il monte et entre.)
CÉLIO
îl est entré.
RICHARD
C'est une imagination provenant de son effroi et qui domine son esprit, ou bien c'est une illusion.
CELIO
Retire l'échelle.
RICHARD
Nous devons l'attendre ici jusqu'au jour. CÉLIO.
Il y a eu de la hardiesse à entrer ; cependant je serais plus content d'être avec ma paysanne ; mais ensuite, il y aura temps pour tout. (Ils s'en vont.)