SCÈNE PREMIÈRE
Rosaura parait sur le haut d'une montagne. — Elle est vêtue en homme et en costume de voyage. Elle dit les premiers vers en descendant.
ROSAURA, iolent hippogriffe, qui défies le vent, où vas-tu?
foudre sans flamme, oiseau sans plumage, poisson sans écailles, quadrupède sans instinct naturel, pourquoi t'emportes-tu ? pourquoi te précipiter à travers le labyrinthe confus de ces roches nues? Arrête-toi sur cette montagne, où les animaux trouveront leur Phaëton. Pour moi, sans faire plus de chemin que ne m'en ont fixé les lois du destin, aveugle et désespérée, je vais descendre la pente raide de cette haute montagne, qui défie le soleil de son front sourcilleux. O Pologne, tu reçois bien mal un étranger ; car tu marques de son sang son entrée sur ton sol,
et à peine il arrive, qu'il arrive avec peine. Mon sort me le disait bien ; où donc un malheureux a-t-il trouvé de la pitié?