PAYSANNES
LE BRIGADIER, au trompette.
Trompette!... fais le mort... « Habitants de Pontoise, L'autorité, sachant que pour la moindre noise, Il est dedans ces lieux nombre de citoilliens Qui se bûchent entre eux comme feraient des chiens, Se repassant, souvent pour des sujets frivoles. Calottes, coups de pied, soufflets et darioles. Vient au jour d'aujourd'hui de prendre un arrêté. Qui dehors en avant doit être exéculé.
MARIONNETTE. 263
Et sauf à recourir à des peines plus grandes.
Voici pour le présent, le tarif des amendes :
Un œil crevé, trois francs, six francs pour les deux yeux*,
S'ils ne sont que pochés, quatre francs pour les deux;
Un bras démis, sept francs, cassé, sept francs cinquante ;
Pour une dent, un fra'nc, deux, dents,, un franc soixante ;
Pour toute la mâchoire enlevée, onze francs.
Sauf à restituer, s'il reste quelques dents ;
Pour un nez écrasé, si Fenflure est énorme,
Quatre francs, et cinq francs s'il a perdu sa forme.
Ou s'il n'en reste pas assez pour se moucher;
Mais cependant l'État ne prétend rien toucher,
Si le nez en souffrance est celui d'un carliste,
D'un chouan, d'un marquis où bien d^un bandagiste; .
Car vu le pied-de-nez qu'ils ont pour le moment.
Il leur en restera toujours suffisamment.
Si l'un des combattants... (mais faites donc silence,
Car ce dernier article est de grande importance)
Si l'un des combattants expire sous les coups
De Tautre, celui-ci doit treize francs dix sous
A l'État...» Chacun peut en prendre connaissance.
Je vais à ce poteau suspendre l'ordonnance.
Ainsi donc, mes amis, apprenez-la par cœur.
II attache l'ordonoance à iin poteau et sort airec tout son monde.
BOUCHëTBOU.
Au revoir, brigadier.
LE BRIGADIER, en s'en allant.
Bourgeois, j'ai bipn l'honneur.