‹ Théâtre choisi de F.-A. DuvertChapitre 125 sur 197 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

ATHANASE* ISABELLE, venam du bat^ dont ta porte tttu

IRABKTJ.H, mw I AI

Moiisîew Athanase !.. j'en étais sûre.

ATHANASB, g'arrétant.

Dieu ! Isabelle !

ISABBLLB.

J'ai eu toutes les peines du monde à tromper la surveillance de ma mère pour ne pas la mettre dans la confidence de mes soupçons.

ATHANASE

Elle ne m'a pas reconnu ?

IBABELLB.

Elle a la vue si basse.

ATHAXASE.

Ah ! qu'elle fait bien !

ISABELLE

Expliquez-moi donc, Monsieur, votre présence dans cet orchestre, vous êtes donc musicien?

ATHANASE

Faiblement... j^étudie, mais les commencements sont rudes.

ISABELLE

Il parait. Vous n'avez donc pas reçu la lettre de maman?

ATHANASE

Si fait; et cette lettre m*a véritablement comblé de joie.

ISABELLE

Eh bien ! alors, comment se fait-il que vous soyez allé jouer de la trompette chez madame Giraumont, quand vous deviez nous attendre dans votre nouveau logement?

ATHANASE

Mais voilà deux heures que j'y suis ! et, ne vous

voyant pas venir, je suis entré dans ce bal par pure mélancolie.

ISABELLE, avec joie.

Il serait vrai; mais on nous avait dit... et ma mère qui vous accusait... moi, j'étais bien contrariée après Taccident qui m'est arrivé et qui nous a retenues en bas...

ATHANASE, TiTemeot.

Un saignement de nez ? chez le portier ?

ISABELLE

En effet.

ATHANASE, avec éclat.

C'était vous? quel bonheur !

ISABELLE

Comment, Monsieur, quel bonheur!

ATHANASB.

Quelle chose affreuse, je veux dire (irès-joyeux) et vous avez songé à moi? vous excusiez mon absence?... une

telle preuve d'amour. . . (Il la prend dans ses bras et lui tâte le dos, Isabelle un peu interdite se recule.) Car VOUS Ue SaVCZ paS?...

Oh! non, non, vous ne pouvez pas savoir... et cette hémorragie a été arrêtée à l'aide d'une clef?

ISABELLE

C'est vrai ; comment avez-vous appris?

ATHANASB, vivement.

C'est la mienne ; c'est celle de notre appartement nuptial, c'est la clef de l'espérance, c'est la clef de... enfin c'est ma clef! donnez-la-moi... Oh ! je vous en

prie !... (avec tendresse) VOUS le dcvCZ.

ISABELLE

Comment? je le dois?

\iR de la Somnambule.

Que celte clef me soit restituée !

Au nom du ciel, rendez-la-moi, Vous qui bientôt l'aurez destituée

De la moitié de son emploi.

Vous en serez maîtresse sans partage, Car votre époux, prisonnier de l'amour, Ne vous priera jamais d'en faire usage.

Avec Guesse et à demi-voix.

Que pour fermer la porte à double tour.

(A part.) Mais elle ne peut pas comprendre ça.

ISABELLE, froidement.

Votre clef Z.,. vous me disiez que vous étiez chez vous?... (s'animant.) Ah î Mousicur, VOUS mc trompicz, ma mère avait raison, vous vous dérangez, vous avez des intrigues, peut-être.

Elle passe à gauche.

ATHANASE, la suivant.

Ah ! grand Dieu ! moi qui ne vis que pour vous !

Il passe la main sur son corsage.

ISABELLE, se retournant.

Eh bien !

ATHANASE

Rendez-moi ma clef, et rentrez.., rentrez au bal.

ISABELLE

Vous êtes bien pressé de m'éloigner.

Moi, vous éloigner?... toute ma garde-robe est là... le temps de m'habiller, je vous rejoins, et je vous promets de danser avec vous jusqu'à ce que je tombe mort à vos pieds! Je ne peux pas ra'engager au delà.

ISABELLE

Votre trouble, votre embarras me disent assez ce que je dois penser... Je rougirais, Monsieur, de pousser plus loin mes investigations.

Bile fait UB movfcmeot poor sortir ATHANASB.

Isabelle I

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