NATH-^IB
Comment ! sans me connaître, vous me mettriez à même d'épouser mon prétendu?
DUBANDIN.
Vous avez un prétendu? (a part.) Ahl diable I
NATHALIE
Eh! mon Dieu I ouil un brave garçon, un employé
sans emploi, mais amoureux... Ah! il en est insupportable! Et c'est à vous que je devrais mon établissement ! Ah ! ciel de Dieu !
DUBAin)IN.
Permettez ! Je veux bien vous établir, vous, mais pas ce monsieur. Je ne le connais pas, je ne Taime pas, je n'ai aucun motif pour Taimer; au contraire, même, il me semble que j'aurais quelque plaisir à le frapper, tandis que vous... une fois à la tête d'une maison, vous pouvez prétendre aux plus riches partis...
Vous croyez?
DUEANDIN.
J'en suis sûr ; je m'y connais, j'ai du goût.
OOTILLAED, entr'outrant Varmoirc .
C'est une exception. Les melons trop mûrs n'en ont plus.
Il referme l'armoire.
NATHALIE
Et vous m'achèterez un fonds pour ça?
DUEANDIN.
Uniquement.
NATHALIE, se levant.
Ah ben ! on peut dire que vous êtes un bien bon vieux, vous I par exemple ! ah ! voilà un fameux vieux !
DURANDIN, impatienté.
Un vieux, un vieux!
NATHALIE
Et qu'on en a empaillé qui ne vous valent pas... Et je vous promets de vous aimer comme un père... comme un grand-père... comme...
L'OMELETTE FANTASTCQUE. 429
DURANDIN
Assez... assez... C'est tout ee que je demande, oui, mon enfant, une place dans votre souvenir... (ii lui
prend les mains) daUS VOtre CœUF.
NATHALIE, étonnée.
Tiens! tiens!...
OOTILLABD, passant la tête.
Il lui prend les mains, et elle ne lui flanque pas une giffle ! Ah !
11 referme l'armoire avec indignation.
NATHALIE
Ah ! c'te promesse que vous me faites là, ça me fait une impression...
DUBANDIN, à part.
Elle est émue, voilà le moment. Je vais chercher des comestibles et du Champagne. (Haut.) Aimezvous le Champagne?
NATHALIE
Si je Taime? Je crois bien! Je n'en ai bu qu'une fois; ça m'a rendue gaie. Je me suis habillée en homme, j'ai mis tout le* magasin en révolution.
DURANDIN, à part.
Quelle chance I Je lui prêterai un de mes paletots. Je vais chercher le Champenois !
Il sort.