‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 121 sur 183 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE ROY, LE DUC, Gardes.

Le Roy.

O jour à jamais funèbre à la province ! Federic ?

Le Duc.

Quoy, Seigneur ?

Le Roy.

Faites venir le prince.

Le Duc, sortant avec les Gardes.

Il sera superflu de tenter mon crédit, Le sang fait son office, et le roy s'attendrit.

Le Roy, seul, resvant et se promenant.

Trefve, trefve, nature, aux sanglantes batailles Qui, si cruellement déchirant mes entrailles Et me perçant le cœur, le veulent partager Entre mon fils à perdre et mon fils à vanger! A ma justice en vain ta tendresse est contraire. Et dans le cœur d'un roy cherche celuy d'un père ; Je me suis despoùillé de cette qualité. Et n'entends plus d'advis que ceux de l'équité; Mais, ô vaine constance, ô force imaginaire ! A cette veuë encor je sents que je suis père Et n'ay pas despoùillé tout humain sentiment. Sortez, Gardes; vous, Duc, laissez-nous un moment.

{Us sortent.)

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