SCENE II
SARDARIGUE, SYROÉS, Gardes, ARTANASDE.
Sardarigue.
Syre, vostre grandeur ne treuve plus d'obstacles; Chaque heure, chaqueinstant, vous produit desmiracles, Et le traité de paix qu'Emile a consenty Engage Heraclius dedans vostre party.
Mais une autre nouvelle, et bien plus importante , Qui peut-estre, Seigneur, passera vostre attente. Est que tous les soldats, d'un mesme cœur unis, Amènent prisonniers Cosroés et son fils.
Cosroés! dieux! je tremble! et, malgré ma colère, A ce malheureux nom cognois encor mon père. Mais, pour se saisir d'eux, quel ordre a-t'on suivy ?
Sardarigue.
Nul que le zèle ardent dont tous vous ont servy; A peine un bruit confus de quelques voix forcées, Proclamant Mardesane, a flatté leurs pensées Et les cœurs des soldats, assez mal expliquez. Que Sandoce et Pacor, par mes soins pratiquez, Souslevant les deux corps que chacun d'eux commande: « Voyons, nous ont-ils dit, le roy qu'on nous demande. » Mardesane, à ce mot, pasle, transi d'effroy, A peine encor régnant, a cessé d'estre roy. Sandoce s'est d'abord saisi de sa personne.