‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 28 sur 183 · ACTE III, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE

Jusqu'icy l'abusée avoit creu me les taire, Mais l'œil est aux amants un mauvais secrétaire, Et l'on voit aisément un feu bien embrazé Au travers du cristal dont il est composé; Cent fois de leurs regards la rencontre fatale M'a fait voir cette flame et monstre ma rivale; Cent souspirs étouffez, et cent gestes confus, M'avoient dit le secret qu'elle ne cache plus; J'ay mieux leu qu'elle enfin dans sa propre pensée, Sa bonté pour le prince estoit intéressée. Et, pensant m'esblouyr, vouloit moins, par tant d'art. Le placer dans mon cœur qu'en chasser Dom Bernard ; Mais en vain elle attend l'avis qu'elle doit prendre Sur ce qu'elle me doit ou permettre ou deffendre; Oii le dessein est pris, son ordre est superflu, Elle n'entreprend pas un cœur irrésolu.

Et, quoy qu'elle présume avecques sa puissance. Doit craindre mon amour plus que moy sa deffense.

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