ACTE I, SCENE IV
Traicter de ces froideurs le feu qui me dévore, Moy son prince, son roy, mais son roy qui Padore !
D. LoPE.
Quand l'appareil fut prest,et que de vos vaisseaux Dom Bernard eut couvert l'humide sein des eaux, Les vents en mesme instant furent sans violence, Et volontairement s'imposèrent silence ; La mer avec respect porta ce grand fardeau. Qui des Sardes alloit la faire le tombeau.
Le Roy.
Mais, ô trouble frivole et vaine rêverie ! Amoureux, je puis craindre, et monarque, je prie; J'ayme, et puis observer ces respects superflus! Qui, pouvant tout, demande, est digne du refus.
D. Lope.
L'air et la mer, enfin, comme vos tributaires, Prirent vostre party contre vos adversaires.
Le Roy.
Mais au trouble importun dont j'estois diverty, N'ayant rien entendu, je n'ay rien reparty; Cette distraction est un deffaut aux princes, Qui doivent tousj ours mettre au bien de leursprovinces Leur plus présent objet et leur soing le plus haut; Rappelons nostre esprit, et couvrons ce deffaut.
{Se levant.) Je songe à prévenir le siège qui s'appreste; Si vous m'avez servy, dressés vostre requeste. J'en verray le mérite, et j'auray soing de vous.
Lazarille^ le suivant. De nos astres enfin nous vaincrons le courroux.
i8 DOM BERNARD DE CABRERE.