LE ROY, LE COMTE, LE SECRETAIRE
Le Roy.
Quoy ! je règne, et, régnant, n'oze dire que j'ayme! Je sers, et ne puis plaire avec un diadesrae !
{Au secrétaire.) Toy, de ce triste écrit funeste messager, Autheur de mon ennuy, travaille à l'alléger, Et, si tu veux qu'encor quelque attente me flatte, Va m'obtenir. Ferez, de cette belle ingrate La faveur de passer en son appartement Et, sans l'incommoder, luy parler un moment. Va, j'attends sa response. Ha ! Comte, est-il possible Que ce front couronné cache un cœur si sensible, Et qu'une dépendante et sujette beauté A de si longs efforts en cache un indomté? Parquel droictvantonsnous, raalheureuxque noussommes, L'advantage des roys sur le reste des hommes, Si, sujets comme vous à nostre passion. Nous soustenons si mal cette présomption Que d'un simple regard, qu'un bel œil nous envoyé, Nos libertez souvent sont la honteuse proye ?
Le Comte.
Le malheur de souffrir pour d'aymables objets Est le sort aussi bien des roys que des sujets.
Le Roy.
Ma plus sensible peine, en ce que je propose.