‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 15 sur 186 · ROTROU XXIX · texte numérisé non relu

ROTROU XXIX

que rhôtel Rambouillet, d'instinct généreux et héroïque, religieux par enthousiasme poétique, d'un talent souple, spirituel, brillant et bouillant ; Vautre, grave et un peu pédant, grand raisonneur et portant la dialectique dans la passion, croyant sincère, un peu janséniste quoique élève des jésuites, génie tout d'une pièce^ naïf et grandiose, puissant et subtil. Tous deux s'aimèrent malgré leurs contrastes, et on peut se faire une idée de Vintérêt qu'auraient eu pour les deux amis ces entretiens mêlés de confidences littéraires.

Les Deux Sosies (i636) sont le vieux sujet d'Amphitryon emprunté par Kotrou à Plaute et que celui-ci tenait peut-être d'Epicharme ^ . Molière, à son tour, devait l'emprunter à Plaute et à Kotrou. Kotrou, dans ses Deux Sosies, suit Plaute de très près, et son imitation est assez heureuse pour que Molière s'en soit inspiré en plus d'un endroit. Viollet-Le-Duc a dressé la liste des eniprunts par lui faits à son prédécesseur. Il a ainsi ajouté à la gloire de Kotrou, scms rien ôter à celle de

i. Sur les comédies mythologiques d'Epicharrae, voir Artaud, Fragments pour servir à l'histoire de la comédie antique (i863, Auguste Durand). « VAmphitryon de Molière, y est-il dit, est une ingénieuse réminiscence de la comédie mythologique empruntée par Plaute au théâtre de Syracuse. »

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