ROTROU XXXIII
qu'elle est de haute origine. La confidente déclare ne pas s'en étonner :
Laure.
Lydie, à dieux! Quelle est cette merveille?
Lydie.
Divine comme vous, comme vous sans pareille;
Qui telle toutefois à peine me surprend.
Car mon' cœur me disoit quelque chose de grand;
Et le Ciel, ce me semble, a sur votre visage
Mis je ne sais quels traits marque d'un grand courage :
Un regard, un souris, un geste, une action,
Disent muettement votre condition;
Tout en vous rend pour vous ce secret témoignage^
El j'ai cent fois du cœur entendu ce langage
Dans cette pièce, Vaniour est en opposition avec la raison d'Etat, la passion d'un fils avec l'autorité d'un père ; dans le père même, la dignité royale comba contre l'amour paternel ; dans le fils, le respect filial est aux prises avec la passion pour une femme. Tout se concilie à la fin; mais, dans ce conflit de sentiments divers, de grands accents ont retenti, l'émotion tragique s'est élevée à une grande hauteur. Avec plus de simplicité dans l'action, plus d'art dans la coniposition et un ton plus soutenu, cette tragi-comédie serait un des meilleurs ouvrages du maître.
Antigone v/e/îf après (i638). Sophocle dans son An- TiGONE, Euripide dans les Phénicienn£s, Sénèque dans LA Thébaïde, sont ici les prédécesseurs de Kotrou qui leur a emprunté le sujet et plus d'un trait de sa tragédie. Il devait avoir Racine pour successeur. On sait