‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 19 sur 186 · XXXIV ROTROU · texte numérisé non relu

XXXIV ROTROU

que Kacine débuta au théâtre, en 1664, par une tragédie intitulée : la Thébaïde ou les Frères ennemis. On lit dans la préface : a Ce sujet avoit été autrefois traité par Kotrou sous le nom d'ANTiGONE; mais il fcsoit mourir les deux frères dès le commencement de son troisième acte; le reste étoit en quelque sorte le commencement d'une autre tragédie, où l'on entroit dans des intérêts tout nouveaux; et il avoit réuni dans une seule pièce deux actions différentes, dont l'une sert de matière aux Phéniciennes d'Euripide et Vautre à /'Antigone de Sophocle. Je compris que cette duplicité d'action avoit pu nuire à sa pièce, qui d'ailleurs étoit remplie de quantité de beaux endroits. » Ce passage, où Kacine rend justice aux beaux endroits de Kotrou, met en regard la conception classique de la tragédie, dont le premier principe est une unité sévère, avec le système plus large, appelé de nos jours romantique, qui était déjà celui de Kotrou, dans lequel plusieurs actions peuvent se joindre en s'enchàinant dans une composition dramatique plus riche de faits et d'idées. Kotrou ne s'inquiéta jamais beaucoup des règles dites d'Aristote, sous la loi desquelles se courba le génie de Corneille, et qu'approuvait le goût de Kacine. Il disposa toujours librement du temps et de l'espace, afin d'y développer à l'aise ses créations dran.atiqucs ; et, quant à l'unité nécessaire dans toute composition, et sans laquelle il n'existe point d'œuvre d'arl^ il la plaçait plus haut que n'a fait depuis Vécole classique. Sous ce rapport, il se rapprochait plus que Kacine du véritable idéal grec qui mettait Vunité d'une auvre dramatique, non dans le fait, mais dans

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