‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 21 sur 186 · Cet épisode est emprunté à la Thébaïde de Stace · texte numérisé non relu

Cet épisode est emprunté à la Thébaïde de Stace

xxxviii ROTROU

les plus caractéristiques. Mais combien la description de Kotrou est plus vive et plus pittoresque !

Kotrou s'est retrouvé une autre fois entre Euripide et Racine ; c'est dans /'Iphigénie en Aulide (1640). Dans cette tragi-comédie, c'est ainsi qu'il l'appelle, Kotrou a suivi son modèle antique presque pas à pas, bien entendu en l'accommodant au goût de son temps, ce que fera égalenunt Racine. Le seul changement qu'il se soit permis, c'est de remplacer par la résignation la crainte de la mort qu'éprouve l'iphigénie d'Euripide et les larmes qu'elle verse sur elle-même comme la fille de Jephte dans une situation pareille. Ce changement nest guère heureux. Combien la pure ingénuité de la jeune fille de la tragédie grecque est plus vraie et plus dramatique à la fois que le faux point d'honneur, inconnu des anciens, qui interdit la plainte à l'iphigénie de Rotrou et de Racine! Touchante dans sa faiblesse, elle n'en parait ensuite que plus admirable, et cela sans cesser d'être naturelle, quand ^ par un noble enthousiasme, à la fois religieux et patriotique, s' élevant audessus d'elle-même, elle repousse le secours d'Achille et annonce sa résolution de mourir pour le salut de l'armée et la gloire de la Grèce. Le drame de Rotrou, tout plein de longs discours, de dissertations et de déclamations, est aussi rempli de beaux vers heureusement traduits ou imités d'Euripide. On sait que la rhétorique est le péché originel de la tragédie française. La rhétorique de Rotrou est souvent éloquente, et s'illumine parfois d'un éclair de poésie.

Dans /'Iphigénie de Racine, la noble convention, la

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