R O T R O U XI
pure et correcte , tout en la conservant souple et expressive. Dans ses drames romanesques, la recherche de la forme répond à la fantaisie du fond ; // faut prendre son parti de cette double convention, si l'on veut goûter ces productions d'un autre tenips. Il s'agit cette fois d'un roi de Hongrie qui doit épouser une reine de Dalmatie et qui rompt son engagcnient parce qu'il est devenu subitement amoureux d'une dame du nom de Rosélie. Sans même avoir vu la reine, sa future épouse, il fait reconduire dans ses Étals la belle Arthén\ise, qui brûle naturellement de se venger d'un procédé aussi offensant. Pour y arriver, elle commence par chercher un autre mari. Mais les deux hommes à qui elle s'adresse sont épris tous deux de Kosélie, et ni l'un ni l'autre ne se laissent toucher par l'éclat d'une alliance royale. De son côté, Kosélie, autre miracle de constance, reste fidèle à Alcandre, frère du roi, et refuse la couronne que celuici lui fait porter dans un bassin d'argent. Après un certain nombre de travestissements et de péripéties plus ou moins romanesques, la reine Arthéniise vient en Hongrie, déguisée en pèlerine, afin de voir de ses yeux cette beauté merveilleuse qui l'emporte ainsi sur elle et ravit tous les cœurs. Introduite auprès de Kosélie, elle lui dit :
Madame, cette voix qui court par tout le monde, Qui porte les beaux noms sur la terre et sur l'onde. Qui fait en un moment tant de chemins divers, Ne parle que de vous en tout cet univers. Elle ne vante plus la gloire des provinces; Elle a perdu le soin d'éterniser les princes; Les plus rares exploits se perdent sans renom ; Les plus savans esprits sont sans bruit et sans nom ;