‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 39 sur 186 · ACTE II, SCENE II. 3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II. 3i

Là, de ses fortes mains une corne il s'arrache,

Et pleine de son sang : « Tien, me dit-il, et tache

Un de ses vestemens de ce sang précieux.

S'il est jamais blessé d'autres que de tes yeux.

Il aura la vertu de te rendre son ame,

Et le fera brusler de sa première flame ;

Des mages ont prédit qu'au cœur le plus glacé

Il pourroit... » Là sa vie et sa voix ont cessé.

Il tombe, et ce grand corps couvre un si grand espace

Que six hommes ensemble occupent moins de place.

J'ay gardé ce présent, esprouvons s'il est tel,

Moùillons-en l'ornement qu'il doit prendre à l'autel;

Ce sang, qu'à la couleur il pourroit recognoistre.

N'est plus qu'une eau rougeastre et qui n'y peut paroistre.

LUSCINDE

Essuyez donc ces pleurs et forcez ces souspirs. Allons, et que le Ciel seconde vos désirs.

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