‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 6 sur 186 · XVI ROTROU · texte numérisé non relu

XVI ROTROU

guère propre à désarmer la colère de celle quil brûle de fléchir. En revanche il y a de la noblesse et de la poésie dans le monologue par lequel s'ouvre la pièce, et le fils de Jupiter y parle de ses exploits en termes dont l'exagération note pas la grandeur.

Quant à Déjanire, la jalousie violente qui la fait courir, hors d'elle-même, à travers le palais n'est pas moins ridicule que la gauche et fade galanterie de son mari. Elle-même se qualifie d'envâgée, et le mot n'est pas trop fort. Cependant sa fureur a parfois des accents de vérité et de passion. Dans la scène du second acte entre elle et lole, quand celle-ci vient la prier humblement de l'aider à se délivrer des sollicitations d'Hercule, Déjanire trouve étrange que cette mijaurée prétende se dérober à Vhonneur que le héros veut lui faire, et l'ironie dont elle l'accueille ne manque pas de beauté dans sa verdeur tragi-comique. Le monologue suivant d'Iole :

O ciel ! ô terre ! ô dieux ! Quelle est mon infortune, Que je serve d'objet à leur plainte commune ! Je déplais pour trop plaire, et contre mon souhait. Je vois que l'un m'adore et que l'autre me hait; Leur haine et leur amour également m'outrage, etc.

Ce monologue est un modèle de ce genre antithétique oîi les héniistiches s'opposent l'un à l'autre dans chaque vers et semblent battre le briquet l'un sur l'autre en produisant des étincelles. C'est un genre espagnol imité aussi par Corneille.

Passons sur les amours d'Arcas et d'Iole qui ne nous intéressent guère. Au troisième acte la prière d'Hercule

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