‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 12 sur 442 · LE SAGE · texte numérisé non relu

LE SAGE

rOÈME DRAMATIQUE EN CINQ ACTES

Introite nam et heic dit sunt.

(Aul. Gell.)

La première idée de ce drame a été empruntée d'une nouvelle du Décamêron de Boccace. Il est inutile de la rapporter ici ; car l'apologue des Trois Anneaux, qui en forme la plus grande partie, a été littéralement transporté dans la pièce, et Leasing s'est borné à le traduire avec une exactitude facile et élégante. Dans Boccace, le juif Melchisédech est représenté comme un avare et un usurier ; mais Saladin, conformément aux traditions populaires des croisades, s'y montre généreux, magnifique et. distingué par les vertus et les lumières. C'est aussi un embarras d'argent qui le force à s'adresser au juif, et c'est aussi pour lui tendre un piège qu'il le consulte sur les trois religions ; tout le reste est de l'invention de Lessing.

C'est un fait vraiment remarquable que de trouver dans un auteur du quatorzième siècle un semblable trait ..de. tolérance, ou, pour parler plus exactement, d'indifférence religieuse. Boccace montra, il est vrai, vers la fin de sa vie, quelque repentir d'avoir ainsi, dans plusieurs nouvelles du Décamêron, donné carrière aux impressions malveillantes qu'excitaient alors dans beaucoup d'esprits les vices de la cour de Rome et la conduite du clergé. Mais le conte des Trois Anneaux n'a été inspiré par aucun sentiment d'indignation ni de révolte; il n'a rien d'amer ni d'injurieux contre l'ordre ecclésiastique : c'est l'expression calme et présomptueuse du scepticisme. Aussi, quatre cents ans après, se trouvait-il bien plus en harmonie avec les idées du. temps ; et le dix-huitième siècle pouvait dire en s'emparant de ce sujet : « Je prends mon bien où je le trouve. » Seulement un auteur français aurait bien pu ne pas se contenter de la tolérance morale de Nathan et

do Saladin; il lui aurait fallu plus d'hostilité contre le principe religieux; peut-être aussi n'eùt-il pas trouvé les Trois Anneaux exactement pareils; et, au lieu de leur attribuer à tous quelque vertu mystérieuse et salutaire, il en est un, au moins, à qui il eût imputé une influence malfaisante.

Lessing lui-môme, tout Allemand qu'il est, a manifesté dans Nathan un esprit essentiellement irréligieux, et de plus une malveillance particulière contre la religion chrétienne. L'idée fondamendale de la pièce est évidente. Lessing a voulu montrer non-seulement qu'il existe un sentiment mural indépendant des religions positives et révélées, mais encore que l'intervention de leurs dogmes et de leurs préceptes fausse et dénature la raison et la morale : c'est une des grandes et coupables erreurs, c'est une des frivolités de la philosophie du dix-huitième siècle. La préface d'une comédie n'est pas le lieu où de telles questions doivent être traitées; il est seulement à observer que les Allemands, tout en y apportant leur caractère national, avaient adopté comme nous la philosophie matérialiste, et avaient reçu toute l'influence d'une métaphysique, où l'âme n'obéirait à nulle autre action qu'à celle des objets extérieurs. Madame de Staël a semblé faire, à cet égard, une beaucoup trop belle part à l'Allemagne. La philosophie et la littérature d'outre-Rhin ont apporté plus de sérieux et de conscience dans le mouvement antireligieux, mais y ont participé entièrement. C'est du doute, plus creusé et plus approfondi, qu'est sortie chez eux, comme en Angleterre, la philosophie nouvelle ; et c'est ce qui la rend plus forte et plus salutaire. Elle n'a point peur des idées dont elle est émanée. C'est parce qu'elle les a trouvées non pas dangereuses, mais insuffisantes, qu'elle a pu leur succéder et les détrôner. Les convictions qui seraient ébranlées par un ouvrage comme Nathan, seraient bien peu intimes. Lors de la première traduction, on n'en avait point pensé ainsi, et l'on avait, à bonne intention, fait des retranchements assez considérables. Eu l'établissant ces passages, on ne peut B'empôcher de sourire de la faiblesse des arguments ou de la petitesse des sarcasmes, auxquels les censeurs de 17 83 avaient fait l'honneur de les supprimer.

Nathan le Sage pisse pour le chef-d'œuvre de Lessing. Moïse Uendelssohn, dans une lettre adressée au frère de Lessing, s'exprime ainsi : « Fonlenelle a dit de Copernic : il publia son nouveau système, « et mourut. Le biographe de votre frère pourra dire tout aussi con-

SUR NATHAN LE SAGE. a

« venablemenl : il écrivit Nathan le Sage, et mourut. Je ne me fais « aucune idée d'une œuvre de l'esprit qui pût l'emporter sur cette « pièce, autant qu'elle l'emporte surtout ce qu'il avait écrit aupara- « vaut. Il ne pouvait s'élever plus haut sans arriver dans une région « entièrement dérobée à nos regards mortels. Et qu'est-ce que sa « mort, si ce n'est cela ? Maintenant nous voilà comme les disciples a du prophète, les yeux fixés sur le lieu où il a disparu dans le ciel... « Il n'a pas dû s'étonner si une foule de ses contemporains ont pu mé- « connaître le mérite de cet ouvrage. Cinquante ans après sa mort, « une postérité plus juste n'aura peut-être pas encore suffisamment « ruminé et digéré ce chef-d'œuvre : il a devancé son siècle de plus « qu'un âge d'homme. »

Pour s'expliquer un tel enthousiasme, peut-être faut-il supposer que Mendelssohn, tout éclairé et philosophe qu'il était, avait, comme Nathan le Sage, conservé encore quelque chose- de.juifj et avait vu. avec une secrète joie. Lessing faire d'un juif le héros de la tolérance et de la raison.

Quoi qu'il en soit, ce drame est, certes, une des productions les plus célèbres et les plus remarquables de la littérature allemande.

M. Sehlegel remarque ingénieusement que Lessing, qui était plutôt un critique qu'un poëte, n'a jamais si bien réussi dans le drame, que lorsqu'il n'a pas eu l'intention de chercher des effets dramatiques. En effet, Nathan a été composé dans une intention de controverse philosophique. Cela est visible : et d'ailleurs Lessing lui-même, dans ses lettres, dit qu'il a été inspiré surtout par les querelles théologiques qu'on lui avait faites. Ne cherchant donc pour ainsi dire qu'un cadre où il pût mettre des dialogues en situation, la conception de son poëme dramatique a été plus simple, moins tourmentée ; les caractères et les sentiments moins déclamatoires et moins affectés, que lorsqu'il concertait des combinaisons théâtrales.

Une des principales causes du succès de Nathan, et qui fit de son apparition une époque dans l'histoire du théâtre allemand, c'est que Lessing y essaya l'iambe non rimé, qui, depuis lui, est devenu le vers tragique en Allemagne. Après avoir pendant toute sa vie fait de l'imitation, ou pour mieux dire de la copie, le but et le principe des arts ; après avoir en conséquence, en vrai disciple de Diderot, décrié la poésie et l'idéal ; après avoir été conduit par celte fausse route à une prose tantôt vulgaire et tantôt emphatique, il se trouva ramené, par le seul pouvoir de la versification, à un style dramatique plu* na-

tarai, plus raisonnable, plus en harmonie avec l'imagination. Celle innovation eul une influence heureuse: peu d'années après, Schiller

quitta aussi la prose pour adopter le mètre que Lessing avait employé dans Nathan ; l'on peut entrevoir dans Bon Carlos quelques traces de celle imitation *.

Malgré la supériorité de Nathan sur les autres drames de Lessing, il garde pourtant son caractère et sa destination primitive de dialogue philosophique : c'est un ouvrage dont la lecture intéresse, mais qui ne comporte guère la représentation théâtrale. Les spectateurs allemands, malgré toute leur patience, et bien qu'ils ne soient point accoutumes à repousser une forme dramatique plutôt qu'une autre, ne supportent guère cette succession de conversations, pour lesquelles les événements et l'action sont à peine un prétexte suffisant. On ne joue presque jamais Nathan; Iltiand cependant aimait à se montrer quelquefois dans ce rôle, qu'il jouait, dit-on, avec beaucoup de (inesse.

En supposant la pièce dégagée de tout son bagage philosophique, le fond du sujet et les caractères ont un certain charme et agissent sur l'imagination : le langage est toujours un peu précieux et subtil; lu couleur du temps et les mœurs locales ne sont nullement observées. C'est même chose plaisante que de voir Lessing, critique si amer de nos tragédies françaises, et qui leur avait tant reproché de manquer de vérité, mettre sur les bancs de l'école tous les personnages d'un drame dont l'action est au temps des croisades. Il ne faut pas tant se moquer des princesses de Racine, ni réclamer pour elles les paniers et la toilette de la cour de Louis XIV, quand on affuble du bonnet de docteur un Soudan, un templier et un marchand juif du onzième siècle. Mais de même que l'auteur et le lecteur éprouvent, dans nos tragédies, la séduction que les souvenirs et les noms de l'antiquité entraincut avec eux, quoiqu'on ne prétende pas en offrir une copie exacte, factice et inanimée ; de même que nous disons :

Ilion, ton nom seul a du charme pour moi;

de même, dans Lessing, la croisade, la Palestine, les chevaliers du Temple, les magnificences orientales, le sultan Saladin, charment l'imagination et Ton ne prend pas garde au ton scolastique de l'auteur.

Aussi les personnages sont-ils plutôt conçus et observés d'une ma-

I. Voyez la Vie de Schiller, à La tète de ses oeuvres dramatiques.

nièrc ingénieuse et vraie, que représentés d'une manière vivante. Leasing les connaît bien, et les fait Lien connaître ; mais il ne sait pas les faire parler, car il manquait du génie dramatique. Madame de Staël les a vus, dans sa pensée, avec cette vie qui leur manque un peu; et elle a fait, à propos de Nathan, une analyse animée de ses propres impressions.

« Le caractère de Nathan est d'une admirable simplicité. L'un s'é-

« tonne de l'attendrissement qu'il cause, quoiqu'il ne soit agité ni par

H des passions vives, ni par des circonstances fortes. Une fois, cepen-

«. dant, on veut enlèvera Nathan la jeune fille à laquelle il a servi de

« père. La douleur de s'en séparer lui serait amère... L'attendrisse-

« ment de Nathan émeut d'autant plus, qu'il cherche à se contenir,

« et que la pudeur de la vieillesse lui fait désirer de cacher ce qu'il

« éprouve. Sa sublime patience ne se dément point, quoiqu'on le

« blesse dans sa croyance et dans sa fierté... La défaveur dans laquelle

« le nom de juif l'a fait vivre au milieu de la société, mêle une

« sorte de dédain pour la nature humaine à l'expression de sa bonté...

>.< Le jeune templier a dans le caractère toute la sévérité de l'état

« religieux qu'il professe... Il a dans l'Ame quelque chose de farouche

« qui vient de la crainte d'être sensible

Lessing a peut-être mieux réussi encore à répandre un grand charme sur le rôle de Recha : il y a en elle une tendresse , une élévation et une pureté de cœur, qui la rendent le premier personnage de la pièce. Les affections de tous sont tournées vers elle : la raison, dont Nathan a voulu faire sa seule religion, n'a pas été la plus forte : elle n'a pu vaincre les penchants tendres et mystiques de la jeune fille. Cette éducation philosophique a adouci son caractère, élevé son àme ; mais n'a chassé que les penchants vulgaires, en respectant les impressions religieuses. C'est u» hommage que Lessing a rendu, peutêtre involontairement, à la vérité ; et il y a plus de bonne observation du cœur humain dans la tendance superstitieuse de Recha, que dans la morale de Nathan, uniquement fondée sur les démonstrations de la raison.

Le caractère de Saladin semble peu digne de ce grand nom. Au lieu de cette magnanimité toute chevaleresque et de ces conformités que les Européens lui trouvèrent avec eux, on est fâché des mignardises continuelles dont son rôle et celui de sa sœur sont remplis. On voit

bien que Lessing a eu envie de donner de la grâce et de la courtoisie

à la grandeur et à la vaillance : il n'a réussi qu'à imprimer au redoutable Soudan une afféterie assez niaise.

La servante chrétienne et frère Bonnefoi sont des rôles dont l'intention est toute satirique. Voltaire a inventé beaucoup de ces pei sonnages-là dans ses contes, ses dialogues et ses romans. Ou peu* être plaisant, mais on n'est jamais vrai quand on façonne un caractère uniquement pour le but qu'on se propose.

Le patriarche de Jérusalem est peint de couleurs plus grossières encore : il n'a pas plus de nuances ni de nature que tous les tyrans et les scélérats de nos mélodrames. Lessing aurait dû avoir une philosophie assez tolérante, pour ne pas amener sur la scène un personnage dont il fait le représentant de la religion positive, uniquement pour ordonner des crimes et comploter des assassinats.

Marie-Joseph Chénier a imité Nathan le Sage en l'abrégeant beaucoup : sa versification est élégante et facile; mais la pièce entre ses mains a pris, comme on peut croire, un caractère encore plus marqué d'épigramme contre la religion chrétienne. Celte imitation ne semble pas avoir été destinée à la scène : c'est, un essai ou une étude plutôt qu'un ouvrage achevé.

La notice qui précède, bien que très-intéressanle et pleine de justesse dans l'ensemble, portant ça et là peut-être l'empreinte de certaines opinions excessives et toutes personnelles de M. de Barante, nous avons cru devoir la faire suivre de deux extraits qui contiennent sur le caractère et sur la portée de l'cetivre des appréciations sensiblement différentes.

Le premier de ces extraits est une page détachée du livre de Mme de Staël : De l'Allemagne, au sujet «le Nathan le Sage. Nous avons reproduit dans toute son intégrité le jugement de cette femme illustre, qui ne se trouve cité queparfragmenlsdans laNotice deM. de Barante. Les passages omis par celui-ci ont été soulignés par nous

pour rendre la comparaison plus facile au lecteur. On se rendra ainsi un compte exact de l'opinion de Mme de Staël, sa critique se présentant ici sans lacunes ni transposition.

« Le plus beau des ouvrages de Leasing, c'est Nathan le Sage ; on ne peut voir dans aucune pièce la tolérance religieuse mise en action avec plus de naturel et de dignité. Un Turc, un templier et un juif sont les principaux personnages de ce drame; la première idée en est puisée dans le conte des Trois Anneaxix, de Boccace : mais l'ordonnance de l'ouvrage appartient en entier à Lessing. Le Turc, c'est le sultan Saladin, que l'histoire représente comme un homme plein de grandeur; le jeune templier a dans le caractère toute la sévérité de l'élat religieux qu'il professe ; et le juif est un vieillard qvi a acquis une grande fortune dans le commerce, inais dont les lumières et la bienfaisance rendent les habitudes généreuses. Il comprend toutes les croyances sincères et voit la divinité dans le cœur de tout homme vertueux. Le caractère est d'une admirable simplicité. L'on s'étonne de l'attendrissement qu'il cause, quoiqu'il ne soit agité ni par des passions vives ni par des circonstances fortes. Une fois cependant, on veut enlever à iS'atlian une jeune fille à laquelle il a servi de père et qu'il a comblée de soins depuis sa naissance : la douleur de s'en séparer lui serait amère ; et pour se défendre de l'injustice qui veut la lui ravir, il raconte comment elle est tombée entre ses mains.

a Les chrétiens immolèrent tous les juifs à Gaza, et dans la même nuit Nathan vit périr sa femme et ses sept enfants; il passa trois jours prosterné dans la poussière, jurant une haine implacable aux chrétiens. Peu ù peu la raison lui revint, et il s'écria : « Il y a pourtant un Dieu: que sa volonté soit faite ! » Dans ce moment, un prêtre vint te prier de se charger d'un enfant chrétien, orphelin dès le berceau, et le vieillard hébreu l'adopta.

« L'attendrissement de Nathan, en faisant ce récit, émeut d'autant plus qu'il cherche à se contenir, et que la pudeur de la vieillesse lui fait désirer de cacher ce qu'il éprouve. Sa sublime patience ne se dément point, quoiqu'on le blesse dans sa croyance et dans sa fierté, en l'accusant comme d'un crime d'avoir élevé Itecha dans la religion juive; et sa justification n'a pour but que d'obtenir le droit de faire encore du bien ù l'enfant qu'il a recueilli.

« La pièce de Nathan est plus attachante encore par la peinture des caractères que, par les situations. Le templier a dans l'âme quelque

chose de farouche qui vient de la crainte d'être sensible. La prodigalité orientale de Saladin fait contraste avec l'économie généreuse de Nathan. Le trésorier du sultan, un derviche vieux et sévère, l'avertit qjie ses revenus sont épuisés par ses largesses.

« Je m'en afflige, dit Saladin, parce que je serai forcé de retrancher de mes dons ; quant à moi, j'aurai toujours ce qui fait toute ma fortune : un cheval, une épée et un seul Dieu. »

« Nathan est un ami des hommes ; mais la défaveur dans laquelle le nom de juif l'a fait vivre au milieu de la société mêle une sorte de dédain pour la nature humaine à l'expression de sa honte. Chaque scène ajoute quelques traits piquants et spirituels an développement de ces divers personnages : mais leurs relations ensemble ne sont pas assez vives pour exciter une forte émotion.

« A la fin de la pièce, on découvre que le templier et la fille adoptée par li- juif sont frère et sœur, et que le sultan est leur oncle. L'intention de l'auteur a visiblement été de donner dans sa famille dramatique l'exemple d'une fraternité religieuse plus étendue. Le but philosophique vers lequel tend toute la pièce en diminue l'intérêt au théâtre; il es: presque impossible qu'il n'y ait pas une certaine froideur dans un drame qui a pour objet de développer une idée générale, quelque affile qu'elle soit ; cela tient de l'apologue, et l'on dirait que les personnages ne sont pas làpour leur compte , mais pour servir ù l'avancement des lumières. Sans doute, il n'y a pas de fiction, il n'y a pas même d'événement réel dont on ne puisse tirer une pensée; mais il faut que ce soit l'événement qui amène la réflexion, et non pas la réjlexion qui fasse inventer l'événement : l'imagination dans les beaux-arts doit toujours agir la première. »

Après l'extrait de Mme de Staél, on lira avec intérêt les lignes suivantes, tirées d'une remarquable étude sur Lessing, sa vie et son génie, par M. Victor Cherhulliez l. Quand il s'agit d'une œuvre de cette réputation et de cette importance, la voix de la critique la plus moderne doit aussi être écoutée.

« Dans cette œuvre, dit M. Cherbulliez, en parlant de Nathan le Sage, dans cette œuvre qui fut le couronnement de sa vie, Lessing

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